PMA : l'Académie de médecine jette le trouble

La ministre de la Santé Agnès Buzyn se dit dimanche 22 septembre en désaccord avec les conclusions de l'Académie nationale de médecine sur la PMA pour toutes qui estime que l'absence d'un père est préjudiciable pour l'enfant.

FRANCEINFO

Alors que les débats sur la PMA pour toutes débutent à l'Assemblée nationale mardi 24 septembre, l'Académie de médecine s'invite dans les discussions déjà vives sur le sujet. Dans un rapport de sept pages rendu public samedi, l'institution reconnaît "la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation", mais elle émet aussi des réserves, estimant que "la conception délibérée d'un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n'est pas sans risques pour le développement psychologique et l'épanouissement de l'enfant".

Deux semaines de débats à l'Assemblée

L'Académie estime que les études réalisées sur les enfants élevés sans père ne sont pas convaincantes et qu'il est donc prématuré d'autoriser la PMA pour toutes. "Les études qu'on voit dans la littérature ont été faites dans des populations sélectionnées, souvent des familles aisées. Les résultats ne sont pas extrapolés à une population générale entière", estime Jean-Noël Fiessinger, membre du comité éthique de l'Académie de médecine. Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s'interroge sur la dimension politique de ce rapport et contre-attaque sur le fond. 50 heures de débat sont programmées pour le projet de loi bioéthique. Elles auront lieu du 24 septembre au 9 octobre.

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Une manifestation pour l'élargissement de la PMA, le 29 juin 2013 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)