Marinette Pichon, ex-internationale de foot, raconte la naissance de son fils par PMA : "Les opposants oublient de parler d'amour"

Dans une tribune signée par 90 femmes lesbiennes ou célibataires et publiée jeudi sur franceinfo, Marinette Pichon revendique le droit à la procréation médicalement assistée. L'ancienne joueuse internationale de foot raconte son parcours pour devenir mère.

Marinette Pichon fait partie des 90 signataires d\'une tribune pour la PMA pour tous.
Marinette Pichon fait partie des 90 signataires d'une tribune pour la PMA pour tous. (JOEL SAGET / AFP)

90 femmes lesbiennes ou célibataires qui ont utilisé la procréation médicalement assistée (PMA) et le revendiquent ont signé une tribune publiée jeudi 10 octobre sur francetvinfo.fr. Parmi elles, Marinette Pichon, ancienne internationale de football et maman avec sa compagne d'un petit garçon né d'une PMA. Elle regrette sur franceinfo d'avoir été "obligée de s'exiler en Belgique" pour réaliser son "rêve". À ceux qui dénoncent une PMA sans père, elle répond que les enfants issus d'une procréation médicalement assistée "sont équilibrés" parce qu'ils sont nés "d'une volonté d'amour".

franceinfo : Votre désir d'enfant a-t-il été simple à assouvir ?

Marinette Pichon : On a été obligées, malheureusement, de s'exiler en Belgique pour réaliser notre rêve et fonder notre famille puisqu'en France on n'en avait pas du tout la possibilité. On a consulté. On a été reçues à de nombreuses reprises et on a commencé un suivi pour la procréation de notre fils. Il faut trouver le bon traitement et le bon accompagnement. Et puis, il faut un brin de réussite. On a mis cinq ans pour avoir notre garçon. Cela a été long, très long, avec des hauts et des bas, avec des jours où on pleurait et des jours où on espérait jusqu'à ce que notre "bout" naisse le 7 novembre 2012.

Deux mamans à la sortie de la crèche... Il y a parfois des regards, des mots de travers ?

Je n'ai jamais eu de souci. Dès le départ les choses ont été très claires et partagées. Ensuite, on ne demande pas que les gens valident notre mode de vie. Je ne suis pas là pour demander l'approbation, je suis juste là pour être heureuse, vivre et donner de l'amour.   

Que dites-vous à votre fils ?

On lui dit simplement qu'il est né d'une volonté d'amour. C'est avant tout l'amour, ce qu'on a voulu créer dans notre foyer. On ne parle pas forcément de démarches compliquées, de labeur qui malgré tout nous a permis d'avoir une famille. Heureusement que certains pays restent très ouverts sur ce sujet important.

Vous avez l'impression d'être entendue dans le débat sur la PMA ?

On devrait écouter les personnes qui sont passées par ce parcours, plutôt que toutes ces personnes, que je respecte, avec ces belles et longues étiquettes sous leurs noms... Il faudrait écouter un peu plus les personnes qui connaissent réellement les difficultés d'un tel parcours. 

Que répondez-vous aux opposants qui parlent de "PMA sans père" ? Est-ce que l'absence de père, c'est un argument que vous entendez?

Je peux l'entendre, je peux le comprendre. Après, un enfant se construit avec son environnement direct, son contexte. Dans un couple homo femmes, par exemple, il n'est pas élevé qu'avec des femmes, bien au contraire. Il a des contacts avec des hommes, que ce soit son oncle, le grand-père, les copains. L'argument de construire une famille sans repère masculin, c'est peut-être un faux débat. Une fois encore, ces gens-là oublient de parler d'amour. Tout le monde, un couple hétéro, homo, homme, femme, cherche à trouver le bonheur, à donner le bonheur et à ce que les enfants soient équilibrés. Nos enfants sont équilibrés parce qu'il y a eu quelque chose de désiré, un process très long... Ce n'est pas n'importe quoi.