Mariage pour tous : "Le président Hollande a eu raison", reconnaît Gérald Darmanin qui "regrette" s'y être opposé

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Article rédigé par France Info
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Il y a dix ans Gérald Darmanin, alors député UMP, avait voté contre le mariage pour tous et avait soutenu La Manif pour tous.

"François Hollande a eu raison" d'autoriser le mariage pour tous en 2013 en France, reconnaît vendredi 21 avril sur franceinfo le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "La gauche, le Parti socialiste et le président Hollande en particulier ont eu raison contre la droite dont je faisais partie et qui était un peu décalée." À l'époque député UMP, il avait voté contre la loi Taubira après avoir dénoncé une "réforme néfaste" et apporté son soutien à La Manif pour tous.

"Si j'ai blessé des gens, et j'ai sans doute eu des propos blessant, ce n'était aucunement mon envie. Ce n'est pas le rôle d'un homme politique de le faire." Gérald Darmanin, qui après l'adoption de la loi Taubira avait assuré qu'il ne marierait pas de couples homosexuels dans sa ville de Tourcoing, se dit désormais prêt à le faire. "Si un couple gay souhaite que je les marie, je le ferai bien volontiers, comme tout couple", déclare-t-il sur franceinfo.

Revirement stratégique ?

Ce revirement est-il toutefois une stratégie orchestrée par celui cité parmi les potentiels successeurs d'Élisabeth Borne au poste de Premier ministre ? Questionné, Gérald Darmanin ne confirme pas qu'il est candidat à Matignon. "Il y a une Première ministre, elle travaille et je la soutiens", assure-t-il.

Il estime par ailleurs que ce n'est pas l'opposition au mariage pour tous qui a coûté ce poste à d'autres avant lui, comme Catherine Vautrin. Son changement d'opinion sur le sujet est simplement dû à "l'expérience de la vie", assure-t-il. "Ça m'a fait du bien d'être maire et d'avoir l'expérience de la vie des gens."

Renforcement de la lutte contre les agressions

L'actuel ministre de l'Intérieur reste donc concentré sur ses dossiers, parmi lesquels il est urgent de lutter "contre toutes les formes d'attaques contre les orientations sexuelles qui augmentent". "Ce n'est pas une priorité politique et je pense que ça doit le devenir. Nous voyons une augmentation extrêmement forte des attaques, notamment contre les plus jeunes qui se tiennent la main ou s'embrassent dans la rue."

La semaine prochaine, les préfets auront donc pour instruction de "réunir toutes les associations", notamment pour "être au courant des lieux festifs, des centres-villes et des campagnes où il y a des agressions". "Il faut qu'on soit au rendez-vous comme on l'est, je crois de plus en plus, sur les violences faites aux femmes dans l'espace public. On n'est pas assez présent pour protéger."

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