Les dessinateurs de presse, témoins du procès des attentats de janvier 2015

Ils sont quatre à cinq présents, selon les jours du procès qui s'est ouvert le 2 septembre 2020, armés de crayons et de pinceaux. Une manière de retranscrire avec un autre regard les moments forts des débats.

Article rédigé par
Laure De Beaulieu - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Amar Ramdani (à gauche) dans le box des accusés, répond à la question d'une avocate de parties civiles, le 7 octobre 2020 au procès des attentats de janvier 2015. (ELISABETH DE POURQUERY)

Au procès des attentats de janvier 2015 qui a débuté le 2 septembre pour dix semaines, un autre regard : celui des dessinateurs de presse. Ils sont tous les jours dans la salle d’audience et font vivre ce procès par leurs croquis. Dans les pages de Charlie Hebdo, dans celles des quotidiens, sur les pages internet ou les réseaux sociaux, ces illustrations ont la cote et donnent une image différente de ce procès historique.

Le matin, ils sont les premiers à entrer dans la salle d’audience, juste après les forces de l'ordre. Ils arrivent tôt pour mettre en place les palettes, les gobelets d’eau et les supports. Le président et ses quatre assesseurs sont en hauteur et les dessinateurs s’installent juste en dessous. Commencent alors le ballet des crayons, des mediums, de l’encre de Chine et des pinceaux.

Des instantanés de moments du procès

Ils sont quatre, parfois parfois cinq. Parmi eux il y a François Bouc, dessinateur et auteur de bandes dessinées reconnu. Il illustre les comptes rendus d’audience de Yannick Haenel pour Charlie Hebdo et il n’a pas raté une audience depuis le 2 septembre. Dans son carton tous les soirs, entre 12 et 15 grandes feuilles, des instantanés de moments du procès. "C'est un travail très spontané celui du dessinateur d'audience, parce que les choses sont très fugitives, raconte-t-il. On n'aura peut-être que dix minutes pour les avoir et en dix minutes il faut essayer de synthétiser la perception qu'on a d'elles."

Il faut arriver à traiter ces moments assez exceptionnels qui peuvent être vraiment spectaculaires et parfois très subtiles : des avocats qui s'assoupissent, comment les gens sont habillés, comment ils se présentent à la barre, une manière de tenir la barre, de mettre leurs pieds l'un sur l'autre, d'être agacés ou non, ... Toutes ces choses-là sont intéressantes.

François Bouc, dessinateur de presse

franceinfo

Parfois les dessinateurs se déplacent pour attraper un profil, une expression, un geste dans le box mais aussi des larmes à la barre. En toute pudeur et discrétion, ça fait partie du personnage, Hubert Van Rie dessine pour la première fois dans une salle d’audience. "On est là en tant que témoins, on ne doit pas gêner le ballet de l'audience", explique-t-il, "Être juste là pour retranscrire, c'est tout. Ce qui est difficile ce sont les masques. Tout le monde en porte et c'est compliqué de saisir une attitude rien qu'avec les cheveux, les yeux, le front. En plus le masque est une forme un peu molle donc c'est vraiment difficile."

Charlie Hebdo va publier un numéro spécial des dessins du procès, avec les comptes rendus d’audience quotidiens de l’écrivain Yannick Haenel. Il sera en vente au mois de décembre et est déjà disponible en prévente sur le site du journal au tarif de 20 euros.

Un autre regard sur le procès des attentats de 2015 : celui des dessinateurs de presse. Reportage de Laure de Beaulieu.
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