"Ils sont certains qu'ils sont des cibles directes" : au procès des attentats de 2015, la crainte des ex-otages de l'Hyper Cacher

Mardi après-midi devant la cour d'assises spéciale de Paris, Zarie Sibony, la caissière de l'Hyper Cacher, va témoigner. Elle sera peut-être la seule ex-otage de confession juive à prendre la parole. Les autres craignent de subir des représailles.

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Radio France
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La Cité judiciaire de Paris, porte de Clichy dans le quartier des Batignolles. (THOMAS COEX / AFP)

Le procès des attentats de janvier 2015 se poursuit mardi 22 septembre devant la cour d'assises spéciale de Paris avec les témoignages des proches des quatre victimes tuées froidement dans la prise d'otages de l'Hyper Cacher, et ceux des rescapés. Mais ils seront peu nombreux à la barre. 

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Lorsqu'elle a compris qu'elle serait peut-être la seule à affronter la cour, Zarie Sibony, ex-caissière de l'Hyper Cacher, a lancé lundi un appel un peu désespéré sur le groupe d’ex-otages qu’ils ont constitué au sein de sa communauté. Mais les craintes sont trop fortes : la peur d’être identifié, peur que cela recommence. Même Zarie a du mal à supporter son séjour en France. Avec son amie Andréa, l’autre caissière de la prise d’otage, elle a fui en Israël. Meurtrie, Andréa refuse de revenir en France. Même chose pour Patrice, l’ancien directeur de l’Hyper Cacher, blessé au bras dans l’attentat. Lui ne veut surtout pas apparaître sur un écran de télévision. C’est aussi le cas d’une dizaine d’autres témoins de l’attaque que défend Patrick Klugman, car ils ont la peur au ventre.

La crainte, c'est qu'ils soient visibles et qu'ils puissent être retrouvés. Ils vivent vraiment dans cette angoisse. Et c'est là que l'on voit que longtemps après les faits, cela ne se dissipe pas.

Me Patrick Klugman

à franceinfo

"Certains ont pourtant changé de pays, d'autres ont changé de ville, de métier, poursuit Me Klugman. Mais ils sont certains qu'ils sont des cibles directes depuis qu'ils ont échappé à l'attentat de l'Hyper Cacher." Pour Patrick Klugman leur absence dit aussi quelque chose du climat dans lequel vivent les Juifs en France aujourd'hui. Et ce silence, c’est selon lui une voix qu’il faudra écouter au procès.

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