Hyper Cacher : une Française rentrée de Syrie affirme que son ex-mari a commandité l'attentat du magasin en janvier 2015

Cette femme de 31 ans, mère de trois enfants, accuse également son ancien époux, rencontré sur le sol syrien, d'être en lien avec l'attaque avortée de Villejuif le 19 avril 2015. 

Le magasin Hyper Cacher, à Vincennes (Val-de-Marne), près de Paris, où a eu lieu un attentat en janvier 2015.
Le magasin Hyper Cacher, à Vincennes (Val-de-Marne), près de Paris, où a eu lieu un attentat en janvier 2015. (MICHAEL BUNEL / NURPHOTO / AFP)

Une Française, rentrée de Syrie fin 2019, affirme que son ex-mari a commandité l'attentat de Hyper Cacher le 9 janvier 2015, selon les procès-verbaux de ses auditions, que franceinfo a pu consulter. Cette femme accuse également son ancien mari d'être en lien avec l'attaque avortée de Villejuif le 19 avril 2015

Cette femme aujourd'hui âgée de 31 ans, mère de trois enfants, est originaire de Grenoble. Elle rejoint la Syrie en 2014 et c'est là-bas qu'elle épouse Abdelnasser Benyoucef, combattant et cadre de l'organisation État islamique. Un homme qui aurait, dit-elle, commandité l'attentat de l'Hyper Cacher. La jeune femme reste plusieurs années sur le sol syrien avant de rentrer en France fin 2019. Incarcérée à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, elle a été entendue par le juge d'instruction le 3 juillet dernier.

Les autorités le donnent pour mort en Syrie

Lors de son audition, la trentenaire explique que c'est son époux, Abdelnasser Benyoucef, qui lui parle du magasin juif de la Porte de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris. "Il m'a dit qu'il avait trouvé la personne qui avait commis l'attentat de l'Hyper Cacher. Et il en vantait les mérites en disant qu'il était sincère envers Dieu", raconte la jeune-femme aux enquêteurs. Abdelnasser Benyoucef est aussi soupçonné d'avoir un lien avec l'attaque avortée de Villejuif en 2015. Dans sa déposition, elle le confirme : "Oui ça c'est en plus."

Le parquet anti-terroriste a annoncé que ces pièces vont être ajoutées au dossier du procès des attentats de janvier 2015. Réputé très violent, Abdelnasser Benyoucef avait fait un passage en Afghanistan avant de rejoindre le groupe État islamique en Syrie. Il ne répondra pas de ses actes. Les autorités le donnent pour mort sur zone en mars 2016.