Les syndicats de magistrats appellent à des rassemblements jeudi contre Eric Dupond-Moretti

L'Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature critiquent notamment les déclarations du ministre de la Justice au sujet de l'Ecole nationale de la magistrature, qu'il accuse de cultiver "l'entre-soi".

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti après une conférence de presse, le 21 septembre 2020 à Paris.
Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti après une conférence de presse, le 21 septembre 2020 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Les deux principaux syndicats de magistrats ont appelé l'ensemble du personnel de la justice à se rassembler, jeudi 24 septembre, devant chaque juridiction pour protester contre le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, qu'ils accusent de vouloir "affaiblir" l'autorité judiciaire. "Depuis plusieurs jours déjà, l'institution judiciaire est clairement attaquée par son sommet et celui qui devrait la protéger : le garde des Sceaux", ont affirmé mardi dans un communiqué commun l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM).

Parce que ces attaques sont dangereuses dans un Etat de droit, nous appelons l'ensemble du personnel de la justice à réagir collectivement en se rassemblant devant chaque juridiction.USM et SMdans un communiqué

Les deux syndicats critiquent notamment la décision du ministre de la Justice d'ouvrir une enquête administrative contre trois magistrats du Parquet national financier (PNF).

Un discours sur l'ENM jugé "caricatural"

Ils dénoncent également des déclarations d'Eric Dupond-Moretti au sujet de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) : s'ils ne contestent pas son choix de nommer une avocate pénaliste pour la diriger, ils sont en désaccord avec la dénonciation d'une "culture de l'entre-soi" au sein de l'école.

"Après le PNF, contre lequel il avait déposé plainte, c'est au tour de l'ENM d'être réduite de manière non étayée et caricaturale à un outil de reproduction de l'entre-soi", déplorent les deux syndicats.

Selon eux, le garde des Sceaux cherche à "affaiblir un peu plus l'autorité judiciaire" en "discréditant l'ENM, école d'application reconnue y compris internationalement pour la qualité de ses formations", et "en attaquant le PNF, service qui a tant rapporté dans sa lutte contre la délinquance économique et financière". Pour le Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature, Eric Dupond-Moretti "n'a toujours pas pris la mesure des responsabilités liées à son poste et se positionne en défenseur d'intérêts particuliers, quitte à salir l'autorité judiciaire".