Le Crédit Agricole d'Ile-de-France accusé d'escroquerie

L'avocat d'un réseau de malfaiteurs a déposé plainte, selon "Le Parisien".

Une agence du Crédit agricole, à Paris, le 16 décembre 2010.
Une agence du Crédit agricole, à Paris, le 16 décembre 2010. (CHRISTOPHE LEHENAFF / PHOTONONSTOP / AFP)

Etonnante plainte. L'avocat d'un réseau de malfaiteur a déposé une plainte contre X. Par ce biais, il vise le Crédit agricole d'Ile-de-France, révèle Le Parisien, vendredi 30 mai. Me Claude Debooser Lepidi reproche aux dirigeants régionaux de la banque "de s'être rendus coupables de faits de complicité d'escroquerie et de blanchissement et recel d'argent, par aide et assistance".

"Le gang des camions bennes"

Il faut remonter en arrière pour comprendre cette affaire. Six personnes, âgées de 20 à 45 ans ont été mises en examen en décembre. A Chartres, on parle de l'affaire du "gang des camions bennes". Comme le relatait alors L'Echo Republicain, le gang présumé s'était spécialisé "depuis plusieurs mois dans le vol puis le trafic de camions bennes, en particulier des marques Iveco et Renault".

Un petit matin, début décembre, cent gendarmes des Yvelines et d'Eure-et-Loire cernent une propriété en lisière de la forêt d'Epône. Ils prennent les lieux et les fouillent de fond en combre, avec, à la clé, "des armes de calibres différents et des sommes d'argent en liquide". Quatre camions vident la maison qui abritait le présumé gang. Ils sont soupçonnés d'avoir volé plusieurs dizaines de camions, avant de les maquiller pour les revendre en pièces détachées, notamment via internet.

La banque a-t-elle fermé les yeux ?

L'argent collecté était déposé sur un compte bancaire au Crédit Agricole d'Ile-de-France. Or, le bénéficiaire ne vivait officiellement que d'un modeste RSA. Au Parisien, l'avocat dénonce : "La banque a profité de l'argent de mon client. Il a fait transiter d'importantes sommes d'argent sur son compte personnel alors qu'il émarge au RSA. En bout de course après des années, le Crédit Agricole fait mine de se rendre compte du problème quand ça sentait le roussi et a dénoncé mon client auprès de Tracfin". Cette cellule est notamment chargée de débusquer les blanchisseurs.

En clair, l'avocat accuse la banque d'avoir indirectement trempé dans cette affaire en fermant les yeux. Pour lui, elle "a prêté aide et assistance en pleine connaissance de cause, en leur qualité de professionnels, à un trafic d’envergure qui a justifié l’ouverture d’une information par le parquet de Chartres. Je trouve pour le moins scandaleux que des banquiers, qui ont joué un rôle causal, puissent échapper à toute poursuite pénale alors même que les faits reprochés aux plaignants n’ont pu s’accomplir et se perpétuer sans l’aide et l’assistance active des dirigeants de cet organisme bancaire".