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Harcèlement sexuel : un an de prison avec sursis requis contre deux gendarmes

Le procès pour harcèlement sexuel aggravé contre une collègue s’est tenu mardi à Paris. L’audience pour des faits datant de trois ans près d’Auxerre s’est révélée accablante pour les deux gendarmes.
Article rédigé par Olivier Boy
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
  (Un an de prison avec sursis requis contre deux gendarmes pour harcèlement aggravé (illustration) © MaxPPP)

Deux gendarmes étaient jugés mardi à Paris, pour des faits de harcèlement sexuel à l’encontre d’une jeune collègue de 26 ans, entre octobre 2012 et novembre 2013, à la brigade de Joigny, dans l’Yonne. Un an de prison avec sursis a été requis, plus une interdiction d’exercice de cinq ans pour l’un d’entre eux. Le jugement a été mis en délibéré au 5 avril.

"Blagues" selon un gendarme, dépression pour la plaignante

L’un des gendarmes s’est noyé au cours de l’audience. Sûr de lui au départ, il ne reconnait que quelques blagues graveleuses, alors que le tribunal vient d’entendre pendant une heure la plaignante raconter comment elle était tombée en dépression. Tous les jours quasiment, a-t-elle expliqué, un gendarme lui parlait de sexe, de propositions très crues, très vulgaires. Il lui parlait de sa poitrine, sans cesse. Ce gradé a estimé, lui, qu’il s’agissait de "compliments" parce que la jeune femme était, selon lui, "complexée". Il a fini par reconnaitre que tout cela constituait peut-être du harcèlement, mais qu’il ne se rendait pas compte à l’époque.

On est là au cœur du problème, d'après le président de l’association de défense des droits des militaires (ADEFDROMIL) Jacques Bessy. Il a accompagné la jeune femme. Jacques Bessy estime que les comportements misogynes ou de harcèlement à l’encontre des femmes dans les casernes demeurent tabous, "au point qu’elles hésitent à dénoncer des faits, parce qu’on va leur reprocher ensuite d’avoir créé un trouble dans la brigade, d’avoir nui au bon fonctionnement de l’unité".  

"Ce procès doit être exemplaire, le tribunal doit envoyer un signal très fort pour dire aux armées que les femmes doivent être respectées et que tout manquement doit être sanctionné sévèrement."

La jeune plaignante a expliqué que les prévenus qui étaient ses chefs avaient été protégés par la hiérarchie. Elle affirme qu’on l’avait même découragée de porter plainte, en lui disant à l’époque que les faits n’étaient pas si graves.

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