Le Planning familial attend "une réponse politique forte" après la campagne anti-avortement découverte sur des Vélib' à Paris

À Paris, plus d'une centaine de Vélib' ont été découverts ce jeudi avec des stickers anti-avortement. Cette campagne menée par le mouvement "Les survivants" n'a, en aucun cas, été autorisée, s'insurge sur Twitter la société responsable du service qui annonce porter plainte.
Article rédigé par franceinfo - Mélanie Kuszelewicz
Radio France
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La mairie de Paris et le syndicat des Vélib" vont porter plainte. (Sonia Ghobri / Radiofrance)

À Paris, une campagne anti-avortement a été découverte jeudi 25 mai avant 8 heures du matin, sur au moins "plus d'une centaine de vélos", selon le SAVM, responsable du service Vélib' dans la métropole, joint par franceinfo. Il s'agit de stickers, collés sur le garde-boue des vélos, portant l'inscription : "Et si vous l'aviez laissé vivre ?", au-dessus du dessin d'un enfant faisant du vélo.

"Nous sommes en train de faire le compte" du nombre de vélos touchés, explique à franceinfo Sylvain Raifaud, conseiller de Paris et président du SAVM. Le SAVM et Vélib’ Métropole et la mairie de Paris vont porter plainte, "dans la journée, pour la dégradation des vélos et de l'image de Vélib'", assure Sylvain Raifaud.

Une campagne revendiquée par "Les survivants"

Cette campagne anti-avortement est signée et revendiquée sur leur site web et les réseaux sociaux par le mouvement "Les survivants". "On a conscience que c'est parfaitement illégal mais on estime que c'est un mal nécessaire pour faire entendre notre voix et notre message. L'espace public est monopolisé par une seule voix et on voudrait proposer autre chose", justifie Alix, la représentante de ce mouvement. 

Selon les premières remontées, les vélos de différents secteurs de Paris sont touchés, en particulier dans le 14e et le 10e arrondissement. "Je suis effondré et déterminé à faire valoir le droit. Nous allons enlever ces stickers le plus vite possible et nous invitons les usagers à le faire aussi", dit Sylvain Raifaud. C'est la première fois selon lui, que les Vélib' sont touchés par une campagne aussi "massive", avec "du matériel spécialement destiné aux garde-boue" des vélos.

Ces méthodes ne surprennent pas les associations pour le choix à l'avortement, comme le Planning familial. "Ils ont toujours eu des idées, ils ont beaucoup d'argent, ce qui fait qu'ils peuvent faire ce genre de campagne impressionnante. C'est pour cela qu'on alerte depuis des années à faire en sorte de ne pas sous-estimer ces attaques. On veut aussi une réponse politique forte et ferme par rapport à cela", souligne Sarah Durocher, co-présidente du Planning familial. 

Sur Twitter, Isabelle Rome, la ministre déléguée en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, dénonce une campagne "massive anti-avortement (...)Inacceptable. L’IVG est un droit fondamental des femmes. Nous ne laisserons personne y porter atteinte". François Braun, le ministre de la Santé et la Prévention, a qualifié la campagne de "honteuse". "Face aux réactionnaires, écrit-il sur Twitter, le gouvernement et la majorité seront toujours aux côtés des femmes pour garantir la liberté de choix".

François Braun ajoute : "Nous inscrirons ce droit fondamental dans la Constitution, comme l’a rappelé Emmanuel Macron". "Inadmissible et illégal", réagit également sur Twitter la maire de Paris, Anne Hidalgo. "Le collage anti-IVG revendiqué par les mal-nommés 'Survivants' est une honte pour notre République, pour Paris et ses valeurs. Je vais prendre toutes les mesures pour que cela ne se reproduise pas", aajoute l'élue socialiste.

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