INFOGRAPHIE. La vie quotidienne d'un "vegan" est-elle un enfer ?

Vivre et consommer sans faire de mal à un quelconque animal, impossible ? Franceinfo vous montre ce à quoi vous devrez renoncer si vous choisissez ce mode de vie.

C’est la fierté des vegans : aucune bête n'a été maltraitée ou tuée pour leur consommation ou leur plaisir personnel. Ces militants de la cause animale ont choisi d’adopter un mode de vie exigeant, car les animaux interviennent d’une façon ou d’une autre dans le processus de fabrication de nombreux objets du quotidien : de l’alimentation aux produits d’entretien en passant par les vêtements ou les chaussures.

Que ce soit dans votre cuisine, votre salle de bains ou votre chambre à coucher, franceinfo vous explique où se trouvent ces produits bannis par les vegans.

Pour éviter la tentation de la viande ou des produits laitiers, il existe des "imitations" vegans. Comme la Spacebar, un simili-chorizo fabriqué à partir de protéines de blé et de poivrons, l'un des best-sellers du magasin parisien Un monde vegan. Ou comme les "fromages végétaux", "fabriqués à partir d'eau, d'huile et de levure", explique Jean-Luc Zieger, fondateur de l’établissement. "Pour le cheddar et la mozzarella, le goût est très proche."

Et puis, il vous faudra apprendre à scruter les étiquettes : gare aux bonbons, par exemple, qui, pour beaucoup, contiennent de la gélatine, autrement dit une mixture issue de peaux et d'os d'animaux. Vigilance aussi sur les colorants, comme la cochenille, produite grâce à l'insecte du même nom.

L’heure sera au ménage de printemps dans votre salle de bains. "La quasi-totalité des crèmes hydratantes contient par exemple de la glycérine, explique la journaliste Laurence Wittner, fondatrice de l'Observatoire des cosmétiques. Elle peut être animale, synthétique ou végétale, mais en général l'étiquette ne le précise pas."

L'expérimentation animale a beau être interdite pour les cosmétiques vendus au sein de l'UE depuis 2013, cette règle ne vaut pas pour d’autres produits, comme les détergents. Jean-Luc Zieger conseille donc le label de la Vegan Society, qui garantit "qu'il n'y a pas de produits animaux, ni de tests sur animaux vivants faits par la marque ou son fournisseur".  Plus inattendus, des préservatifs sont également commercialisés par Jean-Luc Zieger : "Les lubrifiants peuvent utiliser de la caséine, de la protéine de lait." Sortez couvert, mais toujours vegan.

Dites adieu au manteau de vison, au pull en mohair ou au blouson de cuir. Devenir vegan suppose aussi de renouveler sa garde-robe et, plutôt que la soie ou la laine, de s’en tenir à des matières végétales ou synthétiques, comme le coton, le lin ou le polyester. "Le plus compliqué, ce sont les chaussures, estime Jean-Luc Zieger. Même lorsqu’elles sont en tissu, la semelle peut être collée avec de la colle de poisson." Selon lui, la seule solution reste de se tourner vers des marques spécifiquement vegans, encore peu nombreuses dans ce domaine. Le choix sera donc limité : pas sûr que la fashion victim qui sommeille en vous apprécie.