Loi immigration : "Je suis à l'aise" dans ce gouvernement, assure le ministre délégué aux Comptes publics

Thomas Cazenave "respecte" la décision de démissionner d'Aurélien Rousseau, l'ancien ministre de la Santé, au lendemain de l'adoption de la loi immigration. Toutefois, il ne considère pas ce texte comme étant celui du Rassemblement national.
Article rédigé par franceinfo
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Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics était l'invité du 8h30 franceinfo du vendredi 22 décembre 2023. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

"Je suis à l'aise" dans ce gouvernement, assure vendredi 22 décembre sur franceinfo Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics, après le vote de la loi immigration. Ce texte "n'est pas le projet du gouvernement mais le fruit d'un accord entre la majorité et les LR". Il insiste et dénonce l'"énorme mensonge", selon lequel "ce serait le texte du Rassemblement national". Le ministre délégué aux Comptes publics concède néanmoins qu'il n'est "pas à l'aise avec tout le texte".

C'est pourquoi, Thomas Cazenave "respecte" la décision d'Aurélien Rousseau. L'ancien ministre de la Santé a démissionné mercredi, au lendemain de l'adoption de la loi immigration. "Je ne prends pas cette décision parce que je considère que ce texte, qui est le résultat d'un compromis, qui a des défauts, par ailleurs, n'est pas du tout le texte du Rassemblement national", insiste-t-il.

Le ministre soutient qu'il est "nullement question" dans la loi immigration de "préférence nationale", une expression utilisée par le fondateur Front national, Jean-Marie Le Pen. Sa fille Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, emploie les termes "priorité nationale". Mais le principe reste le même : privilégier les Français par rapport aux étrangers, notamment en matière d'emploi ou de logement.

La caution pour les étudiants étrangers divise

"La préférence nationale, c'est interdire l'accès aux étrangers d'un certain nombre de dispositions et c'est ce que veut le Rassemblement national", soutient Thomas Cazenave. Or, la loi immigration "ne dit pas qu'ils [les étrangers non européens] n'ont pas le droit" de bénéficier de ces prestations sociales comme les aides personnalisées au logement (APL) "mais qu'il y a un délai pour y avoir droit", se justifie-t-il.

Le ministre délégué aux Comptes publics "partage l'avis" de son homologue au ministère de l'Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, "sur la question des cautions pour les étudiants étrangers". Cette dernière a présenté sa démission jeudi, mais elle a été refusée. Cette mesure "me pose difficulté", confie Thomas Cazenave en rappelant qu'il ne s'agit pas d'une proposition du gouvernement. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a également jugé que cette caution "n'était pas une bonne idée", mercredi dans l'émission C à vous sur France 5.

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