Homophobie dans les stades : "Il faut être intraitable sur le fond", déclare Emmanuel Macron

Le président de la République ne se dit en revanche pas favorable à un arrêt systématique des matchs en cas de propos ou de banderoles homophobes.

Emmanuel Macron et Noël Le Graët le 7 juillet 2019 au Lyon Stadium.
Emmanuel Macron et Noël Le Graët le 7 juillet 2019 au Lyon Stadium. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

"Il faut être intraitable sur le fond", a déclaré mardi 10 septembre à franceinfo Emmanuel Macron, en déplacement à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) dans un chantier d'insertion, en pleine polémique sur les arrêts de matchs dans les stades de football à cause d'éventuels propos ou banderoles homophobes.

Le président de la République réagit alors que le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, a estimé mardi matin sur franceinfo qu'arrêter les matchs pour des chants ou des banderoles homophobes était "une erreur". "Mais je ferais arrêter un match pour des cris racistes", a-t-il précisé sur franceinfo.

"J'ai eu l'occasion de m'exprimer pour dire qu'on ne saurait accepter ce qui se passe (...) Il faut être intraitable sur le fond. Il faut que les discours de haine, qu'ils soient racistes ou homophobes cessent. Cela suppose un engagement de toute la famille du football, et donc la ministre [des Sports] est dans son rôle en le demandant", a déclaré Emmanuel Macron.

"Pragmatisme"

Pour autant, le chef de l'Etat ne se dit pas en faveur d'un arrêt systématique des matchs en cas de propos ou de banderoles homophobes : "Après ce sont des discernements de l'arbitre, c'est le rôle aussi évidemment de la Ligue [Ligue de football professionnel], avec les clubs. Il faut maintenant que la Ligue, les clubs, prennent leurs responsabilités, parlent à leurs supporters. Il ne faut pas édicter une règle fixe. On ne va pas se mettre à mettre des règles qui seraient comme la loi qui tombe. Je ne sais pas si vous êtes supporters de foot, mais moi je sais comment je ferais : je ferais des insultes à cinq minutes d'un match que je suis en train de perdre", a ajouté le chef de l'Etat sur franceinfo.


"Je pense ensuite qu'il faut du pragmatisme et du bon sens. C'est à la Ligue et aux clubs de le faire avec leurs associations de supporters, et voilà comment progressivement on améliore les choses. Il ne faut pas perdre de vue ce qui nous rassemble tous, qui est l'esprit de concorde et la pacification de tout ça."