Violences sexuelles présumées à CentraleSupélec : "Il y a une forme d'omerta" dans les écoles d'élites, juge le journaliste Iban Raïs

Une enquête pour des faits de harcèlement sexuel, agressions sexuelles et viols au sein de l'école d'ingénieurs CentraleSupélec à Saclay, a été ouverte par le parquet d'Evry. "Rien n'est fait pour que les victimes sachent à qui s'adresser", constate Iban Raïs, auteur de "La Fabrique des élites déraille".

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Radio France
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Le campus de CentraleSupélec, à Saclay en Essonne, le 8 octobre 2021. (PHILIPPE LAVIEILLE / MAXPPP)

"Les directions des écoles sont obsédées par leur image et mettent tout sous le tapis en espérant que cela ne sorte pas. C'est vraiment génial que cela soit sorti à CentraleSupélec", estime Iban Raïs, journaliste et auteur de La Fabrique des élites déraille, invité de franceinfo vendredi 8 octobre. Il réagit à l'ouverture d'une enquête par le parquet d'Evry pour des faits de harcèlement sexuel, agressions sexuelles et viols au sein de la prestigieuse école d'ingénieurs CentraleSupélec.

"Dans les écoles d'élites, il y a un phénomène qui n'existe pas dans les facs, qui est une sorte d'omerta qui se met en place. Les étudiantes ont très peur de dénoncer ce qu'il se passe, car il va y avoir des représailles derrière", explique Iban Raïs.

"Ce sont des gens qui vont se retrouver, se coopter après leurs diplômes, qui vont travailler pour des ministères, cabinets, grands fonds d'investissement ou banques. Si elles dénoncent, elles vont avoir peur de retrouver leur agresseur dans des cercles professionnels."

Iban Raïs, auteur de "La Fabrique des élites déraille"

à franceinfo

Les écoles vont "mettre des posters et organiser des séminaires, jamais obligatoires d'ailleurs. Mais dans les faits, les étudiantes qui sont violées et agressées sont démunies. Rien n'est fait pour que le parcours soit simplifié, pour qu'elles sachent à qui s'adresser, comment le faire", dénonce-t-il

"On donne énormément de pouvoirs aux BDE [bureau des étudiants], et à tous les bureaux qui organisent la vie festive du campus, donc il y a des dérives derrière. Mais c'est la faute de la direction qui ne forme pas. Sur un campus, tout le monde doit être formé, de l'infirmière à la secrétaire, en passant par les présidents d'associations", explique Iban Raïs.

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