Violences sexuelles : il faut changer la loi pour protéger les enfants, selon le président de la Commission indépendante sur l'inceste

Le juge Edouard Durand rappelle que 70% des plaintes sont classées sans suite et estime qu'il n'y a que 1 000 condamnations par an pour 160 000 victimes.

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Le juge pour enfants Edouard Durand pose lors d'une séance photo, le 4 février 2021, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). (MARTIN BUREAU / AFP)

"Si la loi n'évolue pas, on restera spectateurs de ces violences et complices de l'impunité des pédocriminels." Le président de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) estime qu'il faut faire évoluer la loi pour pouvoir "protéger aujourd'hui les enfants qui, chaque jour, sont violés par des adultes en qui ils avaient confiance".

Dans un entretien publié dimanche 12 décembre par le JDD (article abonnés), Edouard Durand rappelle ses dix-sept ans d'expérience comme juge des enfants : "J'ai consacré beaucoup de temps à former des professionnels, et j'ai acquis cette conviction : cela ne suffit pas."

"Seule une législation plus impérative permettra une vraie protection des enfants."

Edouard Durand, président de la Ciivise

au "JDD"

En octobre, la Ciivise a émis dans son premier avis trois préconisations, "dont deux relèvent de la loi". "Moins d'un mois après, l'une d'elles a déjà été reprise par l'exécutif, dans un décret signé par le Premier ministre. Désormais, avant toute poursuite pour non-représentation d'enfant, le procureur devra vérifier les allégations du parent qui dénonce des violences sur l'enfant commises par l'autre parent", observe-t-il.

"J'ai bon espoir que nos autres préconisations aboutissent, telle la suspension de l'exercice de l'autorité parentale et des droits de visite du parent poursuivi pour viol ou agression sexuelle. Des parlementaires les portent", poursuit-il. Rappelant que 70% de plaintes sont classées sans suite et qu'il n'y a que 1 000 condamnations par an pour 160 000 victimes, le juge veut aussi "décortiquer les dysfonctionnements dans la chaîne des signalements : du service social à l'école en passant par l'hôpital, l'enquête, jusqu'à la décision judiciaire".

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