Vidéo Face au scandale, la contre-offensive de PPDA

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Face au scandale, la contre-offensive de PPDA
Complément d'enquête / France 2
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France Télévisions

Alors qu'une nouvelle plainte pour viol vient d'être enregistrée contre lui, PPDA contre-attaque. L'ancien présentateur a décidé d'attaquer pour dénonciation calomnieuse 16 femmes qui l'accusent de harcèlement ou de violences sexuelles. Cet extrait d'un document de "Complément d'enquête" diffusé le 28 avril 2022 reproduit aussi des passages, anonymisés, de certaines lettres qu'il produit pour sa défense.

Depuis février 2021, celui qui fut le journaliste le plus regardé de France se trouve au centre d’un scandale sexuel. A ce jour, vingt-six femmes ont témoigné contre lui ; seize ont porté plainte, dont sept pour viol – la dernière en date le 28 avril 2022. Le même jour, l'émission "Complément d'enquête" a diffusé un document, fruit de six mois d'investigation, sur la face cachée de l'ex-star du journal de 20 heures de TF1.

Lors de son audition par la police judiciaire, PPDA a réfuté toutes les accusations portées contre lui, mais il n'a pas souhaité s'exprimer dans le reportage de "Complément d’enquête". A l'issue de leur enquête, les journalistes n’ont reçu qu’un courrier de ses avocats qui réitère ses dénégations.

PPDA a décidé de se constituer partie civile

Car cette fois, la contre-offensive de l'ex-présentateur ne se jouera pas sur le terrain médiatique, comme au moment de la première plainte pour viol déposée contre lui, début 2021. A l’époque, il s’était exprimé chez nos confrères de "Quotidien" (TMC) pour clamer son innocence. Après une première plainte classée sans suite, Patrick Poivre d’Arvor a décidé de se constituer partie civile. L'ancien présentateur attaque seize femmes pour dénonciation calomnieuse, une action en justice confirmée par son avocat. Sur plus de quarante pages d'une extrême virulence, il les accuse de mensonge. 

"En réalité, l'impunité n'est pas à craindre du côté de M. Poivre d'Arvor mais bien de celui des mises en cause, dangereuses calomniatrices qui, en hurlant avec les loups, se pensent protégées par la meute".

Extrait de la plainte de Patrick Poivre d'Arvor

citée dans "Complément d'enquête"

Sa ligne de défense est la suivante : selon lui, ces femmes se vengeraient tout simplement d'avoir été éconduites. Le texte souligne "l'attirance de certaines femmes (et hommes) pour le pouvoir, la célébrité, l'argent, l'uniforme", sous-entendant qu'elles auraient recherché une relation avec le présentateur pour ces raisons.

Des lettres manuscrites qui conforteraient sa version des faits

Pour sa défense, PPDA produit aussi des lettres manuscrites, au ton amical voire affectueux, que lui auraient envoyé quatre de ses accusatrices. Des courriers rédigés peu de temps après les viols ou les agressions qu'elles dénoncent, selon l’ancienne star du 20 Heures. L’une des plaignantes écrit : "Vous ne m'avez pas mise mal à l'aise. Vous m'avez troublée, c'est différent." Une autre conclut sa lettre avec ces mots : "J'ai déjà envie de vous revoir, et j'ai déjà peur de cette envie."

Interrogées sur le contenu de ces courriers, les femmes qui l'accusent "déplorent l'ignorance feinte du processus de domination et de violence sexuelle pour tenter de faire accroire qu'il existerait des lettres qui pourraient être incompatibles". Leur avocate ajoute que ses clientes maintiennent leurs accusations. Elles voient dans la plainte du présentateur une occasion "de le confronter devant des juges, ce que la prescription leur interdisait", selon Me Laure Heinich. 

Extrait de "PPDA, la chute d'un intouchable", un document diffusé dans "Complément d'enquête" le 28 avril 2022.

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