"Télérama" licencie deux journalistes accusés de harcèlement sexuel

Les deux journalistes contestent formellement les faits qui leur sont reprochés et comptent saisir la justice.

La une du site de \"Télérama\", le 3 juin 2019. 
La une du site de "Télérama", le 3 juin 2019.  (TELERAMA)

Télérama a licencié deux journalistes accusés d'agissements sexistes et de harcèlement sexuel par plusieurs salariés, a indiqué lundi 3 juin le magazine du groupe Le Monde, confirmant des informations de Mediapart. Les deux journalistes, Aurélien Ferenczi et Emmanuel Tellier, contestent catégoriquement les faits.

Comme l'avait rapporté Mediapart, le groupe Le Monde a pris des mesures il y a plus d'un an, dans le sillage de l'affaire Weinstein, pour combattre les pratiques sexistes et autres actes de harcèlement dans ses différentes rédactions. Dans le cadre d'une cellule d'écoute, confiée au cabinet Egae, plusieurs salariés de Télérama ont effectué des signalements visant ces deux journalistes.

"Des faits graves"

Ces témoignages rapportés à la direction fin février ont entraîné, comme le prévoit le Code du travail, l'ouverture d'une enquête interne, menée par la DRH du groupe Le Monde. Une trentaine de salariés ont été interrogés, afin d'établir et de qualifier les actes reprochés à ces deux personnes. "A l'issue de cette enquête, qui m'a été remise fin avril, j'ai pris connaissance des faits, qui étaient graves puisqu'il s'agissait d'agissements sexistes, de harcèlement sexuel et, dans un cas, de harcèlement moral également ; j'ai pris la décision de lancer une procédure disciplinaire, qui s'est soldée par des licenciements", a précisé à l'AFP Catherine Sueur, présidente du directoire de Télérama"Les victimes ont pris la parole, on a su les écouter et prendre en considération leurs témoignages", a-t-elle assuré.

De leur côté, les deux journalistes mis en cause, qui étaient deux piliers du magazine, comme le souligne Mediapart, ont contesté catégoriquement ces accusations auprès du journal en ligne, et annoncé vouloir saisir la justice pour obtenir gain de cause.

Ces licenciements prononcés en mai ne sont pas liés à l'affaire de la "Ligue du LOL", un groupe de journalistes (dont un travaillant à Télérama) et communicants accusés d'avoir harcelé d'autres personnes sur internet, principalement des femmes, dans les années 2010.