La journaliste à l'origine du mouvement #Balancetonporc annonce être poursuivie pour diffamation

Eric Brion, visé par un tweet de Sandra Muller, lui reproche d'avoir déformé la vérité. "Par cette assignation, on voudrait me forcer à me taire", accuse de son côté la journaliste.

La journaliste Sandra Muller, le 16 octobre 2017, lors d\'une interview avec l\'AFP à New York.
La journaliste Sandra Muller, le 16 octobre 2017, lors d'une interview avec l'AFP à New York. (ANGELA WEISS / AFP)

La journaliste Sandra Muller, à l'origine du mouvement #Balancetonporc sur Twitter, a annoncé, mercredi 17 janvier, sur sa page Facebook, être poursuivie pour diffamation par l'homme qu'elle avait visé dans sa première publication. "Dans le but de libérer la parole des victimes de harcèlement (...), je publiais le 13 octobre 2017 un #Balancetonporc", rappelle d'abord la journaliste.

"Eric Brion, que je nomme comme l’auteur des propos dégradants dont j’ai fait l’objet, a reconnu les avoir tenus et s’est excusé publiquement", poursuit Sandra Muller. Elle accuse ensuite l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia d'avoir "changé de stratégie" en l'attaquant en justice. "Une assignation m’a été délivrée, dans laquelle monsieur Brion réclame notamment 50 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation, des publications judiciaires et 10 000 euros de frais d’avocat", détaille-t-elle.

"On voudrait me forcer à me taire"

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Eric Brion reconnaissait avoir "tenu des propos déplacés" :  "Elle me plaisait. Je lui ai dit, lourdement. Et une seule fois, je tiens à le préciser." Mais il réclame également "le droit à la vérité et à la nuance" : "Je n’ai jamais travaillé avec Sandra Muller. Je n’ai jamais été son collaborateur ou son supérieur hiérarchique, assure ce dernier. La calomnie et la rumeur sont venues s’ajouter à la dénonciation."

"Le #Balancetonporc a servi à libérer la parole des victimes et à mettre la lumière sur un véritable problème de société encore si tabous, argumente de son côté Sandra Muller. J’ai été récompensée parmi d’autres femmes et hommes le 6 décembre dernier en tant que personnalité de l’année par le Time Magazine, pour avoir permis de briser ce lourd silence. Par cette assignation, on voudrait pourtant me forcer à me taire."