Abus sexuels à Oxfam : l'ONG lance un plan d'action pour que ces actes "ne se reproduisent plus jamais et nulle part"

Claire Fehrenbach, directrice générale d'Oxfam-France, a indiqué, vendredi sur franceinfo, que l'ONG au cœur d'un scandale d'abus sexuels souhaite mettre en place une "tolérance zéro".

Une boutique Oxfam à Londres, le 15 février 2018.
Une boutique Oxfam à Londres, le 15 février 2018. (MAXPPP)

L'organisation humanitaire Oxfam International, au cœur d'un scandale d'abus sexuels en Haïti, au Soudan ou encore au Tchad, lance, vendredi 16 février, un vaste plan d'action pour que ces faits ne puissent plus se reproduire, selon les informations de franceinfo. L'ONG veut mettre en place la "tolérance zéro", affirme la directrice générale d'Oxfam-France Claire Fehrenbach, vendredi sur franceinfo.

Un plan d'action en trois points

Dans un premier temps, une commission d'enquête, menée par "des expertes indépendantes dans la défense des droits des femmes aura pour mission d'analyser les politiques actuelles et leurs mises en œuvre", détaille Claire Fehrenbach. Elles devront "rouvrir tous les cas antérieurs pour s'assurer qu'ils ont été bien traités", poursuit la directrice général d'Oxfam-France. Cette commission devra rendre son rapport "dans les six mois qui viennent" et il sera rendu public, précise-t-elle.

Par la suite, une base de données sera mise en place. Elle comportera des référents accrédités pouvant délivrer "des références officielles pour les salariés ou les personnes qui quittent Oxfam", décrypte Claire Fehrenbach. Sans cette base de données mise en œuvre "rapidement", "Oxfam ne délivrera aucune référence concernant les personnes qui ont travaillé pour l'organisation", indique la directrice général de la branche française de l'ONG.

Renforcer son équipe de prévention

Enfin, l'ONG entend aussi renforcer son équipe de prévention et de protection, en doublant ses effectifs "dans les premières semaines", déclare Claire Fehrenbach. Les financements de ce département seront "triplés" dans les mois qui viennent, pour atteindre "un million de dollars", annonce la directrice général d'Oxfam France. Ces fonds ne seront pris "en aucun cas sur les projets menés auprès des communautés et des bénéficiaires sur le terrain", assure Claire Fehrenbach.

"À nous de montrer qu'il est hors de question que des cas comme ceux survenus en Haïti en 2011 ne se reproduisent, plus jamais et nulle part", tient à affirmer Claire Fehrenbach. Oxfam a également décidé de rendre public, à partir du 17 février ou la semaine prochaine, le document sur l'enquête en Haïti en 2011.