"Si je comprends mieux, je sais mieux traiter et orienter" : des policiers toulousains formés à recevoir les plaintes pour violences conjugales

De nouvelles formations sont proposées aux forces de l'ordre pour améliorer la prise en charge des victimes de violences conjugales.

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Radio France
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Audition d'une femme qui porte plainte au commissariat de Lille, mars 2018 (photo d'illustration). (FRANÇOIS CORTADE / RADIOFRANCE)

Pour mieux accueillir les victimes de violence conjugale, des policiers toulousains viennent de suivre une formation complémentaire, en plus de la formation obligatoire de deux heures sur internet. L'objectif est de ne pas passer à côté de situations de danger immédiat. En 2020, pendant les confinements, les violences intrafamiliales ont augmenté de 40 % en moyenne. Et en 2019, 173 personnes ont été tuées par leur partenaire ou leur ex-partenaire de vie, selon le ministère de l’intérieur, dont 146 femmes.

"On n'est pas sans savoir que, vu le nombre de plaintes qu'on prend tous les jours, les dossiers s'accumulent sur les bureaux", explique Thierry, brigadier à Toulouse. Il précise que, quand les policiers constatent lors d'un dépôt de plainte qu"il s'agit de violences conjugales", ils font entrer les plaignants "directement à l'intérieur du commissariat et on discute. Si la victime est de sexe féminin et qu'elle veut être reçue par une collègue féminine, c'est également possible", ajoute le brigadier. Avec cette nouvelle formation, il s'agit de "savoir écouter, savoir poser certaines questions ou savoir quelles sont les questions qu'il ne faut pas poser, explique Orée Luccisiano, brigadier-chef de la police nationale en charge de cette formation à Toulouse. "Si je comprends mieux, je sais mieux traiter et bien orienter", résume-t-elle.

Encore trop de plaintes classées sans suite

Comme le disent à la fois les victimes et le ministère de l'Intérieur, la peur doit changer de camp dans le cadre des violences intrafamiliales. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire, selon Marie, qui a dû déménager trois fois en 14 ans avec ses deux enfants pour échapper à un compagnon violent et condamné deux fois. "Il a été condamné à huit mois de sursis et trois ans d'interdiction d'entrer en contact avec moi, explique-t-elle. Pendant cette première année de condamnation, j'ai dû déposer trois plaintes supplémentaires pour violences avec certificats médicaux à l'appui. Malheureusement, cela a été classé sans suite trois ou quatre ans après."

Des policiers formés à l'accueil des victimes de violences conjugales : reportage de Stéphane Iglésis
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