"J'ai eu le temps de voir ma mère mourir" : la fille d'une victime de féminicide dans le Bas-Rhin reproche aux gendarmes d'être arrivés trop tard

La mère de famille avait déjà porté plainte contre son mari pour "violences", elle a été tuée à Oberhoffen-sur-Moder ce dimanche. 

Stella Guitton s\'exprime après la mort de sa mère, tuée par son mari, dimanche à Oberhoffen-sur-Moder.
Stella Guitton s'exprime après la mort de sa mère, tuée par son mari, dimanche à Oberhoffen-sur-Moder. (FRANCK KOBI / MAXPPP)

"J’ai eu le temps de voir ma mère se prendre le dernier coup de couteau", témoigne au micro de France Bleu Alsace Stella Guitton, la fille de la femme tuée par son mari dans le nord du Bas-Rhin dimanche 10 novembre, à Oberhoffen-sur-Moder.

"Ma mère m’a appelé à 23h pour m'appeler à l’aide, qu’il avait de nouveau et encore une fois caché un couteau. J’ai entendu crier, je suis partie dans ma voiture. J’ai téléphoné à la gendarmerie qui m’a dit 'on arrive'. J’habite à Bischwiller. La gendarmerie est à Bischwiller. J’ai mis trois minutes à venir jusqu’à chez ma mère", explique la fille unique de la victime.

Eux n’étaient pas là avant 15 voire trente minutesStella Guitton, la fille de la victimeFrance Bleu Alsace

Elle estime que les gendarmes ont mis trop de temps à se déplacer : "J’ai eu le temps de défoncer la porte, d’être menacée par mon beau-père avec son couteau, d’appeler les pompiers, de voir ma mère mourir. J’ai vu des gyrophares c’était les pompiers qui n’osaient pas s’interposer puisqu’il était armé. La gendarmerie n’était toujours pas là", poursuit-elle.

"Personne n’a voulu nous écouter, nous aider, à part des 'il faut porter plainte madame', c’est bien beau de porter plainte, mais ça n'aide pas", ajoute Stella Guitton qui rappelle que sa mère avait porté plainte contre son mari, pour "violences", il y a un mois. D'après la jeune femme, le couple était en instance de divorce.

Les violences intrafamiliales, une "préoccupation majeure" pour les forces de l'ordre

Contactée par franceinfo, une source proche du dossier explique qu’"en pleine nuit et en zone rurale", le temps moyen pour intervenir est "d’une vingtaine de minutes". Les violences intrafamiliales sont une "préoccupation majeure", mais "malheureusement pour une victime le temps est toujours trop long".

Le mari de la victime, âgé de 58 ans, a tenté de se suicider après son geste. Il a été maîtrisé par les gendarmes et placé en garde à vue. Sylvia Walter avait 40 ans. C’est le 131e féminicide en France depuis le début de l’année, selon le collectif "Féminicides par compagnons ou ex".