Le neveu de Vincent Lambert : "Accepter qu'on ne peut interagir" avec lui, "ce n'est pas l'abandonner, c'est respecter ce qu'il est"

François Lambert a réagi à la lettre ouverte signée de la mère de son oncle Vincent dans laquelle elle appelle le président de la République à ne pas "sacrifier" son fils au nom "d’une volonté euthanasique".

François Lambert devant le CHU de Reims, le 9 avril 2018.
François Lambert devant le CHU de Reims, le 9 avril 2018. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

François Lambert, le neveu de Vincent, s’oppose à la décision des parents de refuser l’arrêt des soins. "Accepter qu'on ne peut interagir" avec lui, "ce n'est pas l'abandonner, c'est au contraire respecter ce qu'il est", a-t-il estimé jeudi 12 avril dans un communiqué. Il a souhaité réagir à la lettre ouverte de Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, adressée à Emmanuel Macron et parue dans Le Figaro mercredi où elle appelle le président à ne pas "sacrifier" son fils au nom "d’une volonté euthanasique".  

Le CHU de Reims (Marne), où Vincent Lambert, 41 ans, est hospitalisé dans un état de conscience minimal depuis 2008, a décidé lundi d'un "arrêt des traitements" sous dix jours, au terme d'une quatrième procédure collégiale.

Emmanuel Macron ne doit pas "prendre partie"

Le courrier de Viviane Lambert "vise lui à ce que le président de la République fasse annuler une décision médicale, qui vient après une décision similaire qui avait été jugée légale et conventionnelle par le Conseil d’État et la CEDH", poursuit François Lambert. Le neveu souhaite qu’Emmanuel Macron ne prenne "pas partie, sauf en faveur de la légalité républicaine et du sens qu'elle donne au mot de dignité en matière de fin de vie".

La femme de Vincent Lambert accepte "depuis 2013 l'arrêt des traitements de son mari", rappelle François Lambert. Le constat médical est "implacable" et "des traces de douleurs réfractaires et d'inconfort permanentes sont constatées sans interruption depuis 2013".

François Lambert avait écrit à François Hollande le 10 janvier 2017. Ce dernier, à l'époque président de la République, avait répondu sur France Bleu Champagne-Ardenne le 19 janvier 2017 qu’il fallait trouver "une solution humaine et digne", ajoutant "ce qui ne l’est toujours pas".