Fin de vie : pourquoi le cas de l'hôpital de Valenciennes, qui veut aller à l'encontre des directives anticipées d'un patient, est exceptionnel

Dans un avis rendu ce jeudi, le Conseil constitutionnel a confirmé qu'un médecin peut aller à l'encontre des directives anticipées d'un patient. Les sages avaient été saisis par la famille d'un quadragénaire placé dans le coma à la suite d'un grave accident. Un cas rarissime.

Article rédigé par
Pierre de Cossette - franceinfo - Anne-Laure Dagnet
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un ser (DENIS CHARLET / AFP)

L'homme de 44 ans est hospitalisé à Valenciennes (Nord) depuis le mois de mai. Écrasé par une camionnette, son système cérébral et respiratoire ne fonctionnent plus. L'équipe médical qui l'a placé sous coma artificiel estime que son cas est désespéré et souhaite interrompre les soins. Le patient avait pourtant indiqué par écrit, il y a deux ans, qu'il souhaitait être maintenu en vie coûte que coûte en cas d'accident grave. Saisi par la famille du quadragénaire, le Conseil constitutionnel a estimé, jeudi 10 novembre, que la décision des médecins était fondée

Des directives anticipées rarement écrites

Ce cas est exceptionnel à double titre. D'une part, il est très rare qu'un patient pense à rédiger ses directives anticipées, ils ne sont que 10 à 15%. D'autre part, il est également rarissime que les médecins ne suivent pas ces directives surtout dans le cas d'un patient qui, comme ce quadragénaire, voulait à tout prix être maintenu en vie. A la base ses directives anticipées sont là pour éviter l'acharnement thérapeutique. La loi prévoit effectivement que les médecins ne suivent pas la volonté du patient, si ses directives sont inappropriées.

Le chef du service de soins palliatifs du CHU de Rennes, Vincent Morel donne quelques exemples : "Le fait de ne pas respecter des directives anticipées c'est vraiment exceptionnel. La situation presque caricaturale d'une personne qui dit qu'elle ne veut pas être réanimée alors qu'elle fait une tentative de suicide. C'est une personne qui pourrait dire, par exemple, que si elle est dans le coma elle ne veut pas être réanimée et que tout simplement elle fait une hypoglycémie et qu'on traite son hypoglycémie et elle repartira pour des années." Pour éviter ces situations, Vincent Morel conseille de rédiger ses directives anticipées avec l'aide d'un professionnel de santé.

La décision du Conseil constitutionnel, si elle donne raison aux médecins de Valenciennes, ne met pas un terme à la bataille juridique avec la famille du patient. C'est désormais le Conseil d'Etat qui se penchera sur ce cas précis et décidera si l'équipe médicale est fondée à interrompre les soins.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Fin de vie

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.