Une prime de 3 000 euros par an pour les profs qui iront dans les zones les plus difficiles

C'était une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne. Le ministère de l'Éducation Nationale va se pencher sur la "prime REP" : 3 000 euros par an promis aux enseignants des zones les plus difficiles pour attirer les profs les plus expérimentés.

Une enseignante fait cours dans une classe de Paris, le 3 septembre 2013. (photo d\'illustration)
Une enseignante fait cours dans une classe de Paris, le 3 septembre 2013. (photo d'illustration) (MARTIN BUREAU / AFP)

C'est un chantier salarial sans précédent qui va s'ouvrir dans les prochains jours au ministère de l'Éducation : celui de la "prime REP" de 3 000 euros par an, promise pendant la campagne par Emmanuel Macron aux enseignants des zones les plus difficiles.

Le budget total est estimé à 180 millions d'euros. Les discussions avec les syndicats vont débuter d'ici la fin du mois de juin sur les modalités de cette prime. Le but est d'attirer les enseignants les plus expérimentés dans les quartiers difficiles, où persistent les inégalités et où le niveau des élèves reste le plus bas.

Déjà une prime de 2 000 euros par an

Ce système peut-il fonctionner ? Oui, selon une étude de l'OCDE, publiée lundi 11 juin et qui, hasard du calendrier, tombe à point nommé pour le gouvernement.

L'organisation note qu'en France, les professeurs débutants et les moins diplômés sont cantonnés aux établissements difficiles. En REP et REP+, ils bénéficient pourtant déjà d'une prime en moyenne de 2 000 euros par an, mais visiblement insuffisante pour attirer leurs collègues plus qualifiés. D'où cette nouvelle prime de 3 000 euros promise par Emmanuel Macron. Est-ce que cela suffira ?

Une expérience concluante aux Etats-Unis

"Il y a eu une expérience aux Etats Unis. En Caroline du Nord, ils ont octroyé une prime de 1 800 dollars aux enseignants qui venaient enseigner dans les établissements défavorisés", explique Noémie Le Donné, analyste à l'OCDE. "Cette prime a permis d'attirer des enseignants plus expérimentés. Il faut maintenant voir si elle peut donner les mêmes résultats dans un contexte français."

D'autant qu'en France, selon les auteurs de l'étude, les conditions de travail se sont améliorées dans les zones REP+, avec le récent dédoublement des classes de CP. Un dédoublement qui doit s'étendre à la rentrée de septembre aux CP des zones REP. Mais l'OCDE prévient : tout cela doit être accompagné d'une stabilité des équipes. Il ne faut pas que les enseignants qualifiés acceptent de travailler dans une zone difficile, attirés par la prime, et en repartent seulement un ou deux ans après.