Fin des séries S, ES ou L, grand oral, contrôle continu... Voici à quoi va ressembler le bac nouvelle version

Le ministre de l'Education nationale a présenté sa réforme du fameux examen et les épreuves telles qu'elles se dérouleront à partir de 2021.

Distribution de copies lors de l\'épreuve de philosophie du baccalauréat dans un lycée parisien, le 16 juin 2011.
Distribution de copies lors de l'épreuve de philosophie du baccalauréat dans un lycée parisien, le 16 juin 2011. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le baccalauréat tel qu'on le connaît n'existera bientôt plus. Fin des séries thématiques, contrôle continu renforcé, épreuves moins nombreuses... Jean-Michel Blanquer a présenté, mercredi 14 février, les grandes lignes du nouveau bac, mis en place dès 2021. Cette réforme vise les bacs généraux et technologiques, soit 70% des candidats. Quelle allure aura donc cet examen vieux de 210 ans, qui fait toujours trembler les élèves lorsque vient la fin de la terminale ? 

Les séries L, ES et S disparaissent

Jean-Michel Blanquer l'a confirmé : les séries (L, ES et S) vont disparaître pour la voie générale. Celles du bac technologique sont par ailleurs maintenues. "Nous voulons ainsi offrir plus de choix aux élèves, éviter les hiérarchies artificielles entre les séries", a détaillé le ministre de l'Education nationale lors d'une conférence de presse mercredi. 

Un tronc commun composé du français, de la philosophie, de l'histoire-géographie, de deux langues vivantes et du sport va remplacer les séries thématiques. S'y ajoute aussi une nouvelle discipline, baptisée "humanités scientifiques et numériques". "Nous allons mettre l'accent sur une culture scientifique commune, pour tous les élèves de France", a indiqué Jean-Michel Blanquer. Des cours de codages et de bioéthique seront ainsi abordés dans cette nouvelle matière. 

Au total, le volume horaire de ce tronc commun sera de 16 heures par semaine en première et 15h30 en terminale.

Un choix de spécialités et d'options 

Au lieu de choisir une série, les élèves vont désormais opter pour trois matières principales, appelées "spécialités", pour compléter le tronc commun. Ils devront en choisir trois en première (à raison de quatre heures par semaine chacune), et deux en terminale (à raison de six heures hebdomadaires à chaque fois).

Au menu : mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre, histoire-géographie et géopolitique-sciences politiques, sciences économiques et sociales, humanités-littérature-philosophie, langues et littératures étrangères, écologie-agronomie-et-territoires, arts, sciences de l'ingénieur, numérique et sciences informatiques. Les lycéens auront le choix sur ces matières et, en concertation avec leurs professeurs, pourront changer de spécialités entre la première et la terminale. 

Les options facultatives, déjà existantes dans le bac actuel, sont conservées. Les élèves pourront en choisir une possible en première puis deux en terminale, à raison de trois heures par semaine. En première, l'élève pourra choisir parmi le latin, le grec, le sport ou une troisième langue vivante. En terminale, les choix se porteront entre "droit et grands enjeux du monde contemporain", "mathématiques expertes" et "maths complémentaires". 

Quatre écrits et un grand oral

Terminé la ribambelle d'épreuves : l'examen en lui-même change aussi. Alors que les élèves accumulaient une douzaine d'épreuves jusque-là, il n'en restera plus que quatre écrites : l'épreuve anticipée de français en première (écrit et oral), puis deux épreuves sur les spécialités choisies par l'élève de terminale, qui aura lieu au retour des vacances de printemps. Enfin, la fameuse épreuve de philosophie se tiendra à la fin du mois de juin. 

Autre nouveauté : le grand oral. Pendant vingt minutes, l'élève présentera un projet sur lequel il travaille depuis la première et qui est rattaché à l'une de ses spécialités devant un jury de trois personnes. La seconde partie sera consacrée à des questions du jury.

Avec cette épreuve, le baccalauréat renoue ainsi avec ses épreuves originelles : à sa création en 1808, le bac ne consistait qu'en un oral de trente à quarante-cinq minutes. En 2021, le jury devrait se composer d'un enseignant du lycée, d'un enseignant extérieur et d'un non-enseignant. La proposition était déjà présente dans le rapport remis au ministre. 

Un contrôle continu rehaussé 

Du côté des notes, le contrôle continu revient en force puisqu'il constituera dorénavant 40% de la note finale. Les 60% restants reposent sur les quatre épreuves écrites et le grand oral. 

Ce contrôle continu sera constitué des notes obtenues lors d'épreuves ponctuelles, type "bacs blancs", en première et en terminale. Celles-ci représenteront 30% de la moyenne du bac et 10% des notes des bulletins scolaires, "afin de valoriser la régularité du travail de l'élève"

Pour les épreuves écrites de l'examen final et les "bacs blancs" qui constituent le contrôle continu, les sujets seront tirés d'une banque nationale de sujets, les copies seront anonymisées et corrigées par d'autres enseignants que ceux de l'élève.

Toujours la possibilité du rattrapage 

En janvier, il avait été notamment question d'une disparition pure et simple du rattrapage tel qu'il existe : pour les élèves ayant eu entre 8 et 10 de moyenne au bac, deux matières sont repassées à l'oral. Ces rattrapages concernaient 95 000 élèves pour le bac 2017.

Dans son rapport, Pierre Mathiot préconisait que ces oraux soient remplacés par un examen approfondi du livret scolaire. Finalement, les oraux de rattrapages devraient rester tels qu'on les connaît.