Fin des séries L, ES et S, un grand oral et une dose de contrôle continu : les propositions pour réformer le baccalauréat

Une nouvelle version du bac est proposée au ministre de l’Education nationale, mercredi, par l'ex-directeur de Sciences Po Lille, Pierre Mathiot. franceinfo en révèle les grandes lignes.

Des élèves passent l\'épreuve de philisophie à Strasbourg, le 15 juin 2017.
Des élèves passent l'épreuve de philisophie à Strasbourg, le 15 juin 2017. (FREDERICK FLORIN / AFP)

La réforme du baccalauréat se précise : les filières du bac général sont amenées à disparaître pour être remplacées par un tronc commun et des options à la carte. C’est le sens des propositions avancées par Pierre Mathiot, ancien directeur de Sciences Po Lille, pour réformer le bac comme le souhaite le gouvernement. franceinfo révèle les grandes lignes de ce rapport remis mercredi 24 janvier au ministre de l’Education nationale.

Un tronc commun et des "majeures"

L’auteur du rapport préconise de supprimer les séries L, ES et S au profit d’un tronc commun et d’options aux choix. Le tronc commun à tous les élèves doit être composé, selon Pierre Mathiot, de l'histoire-géographie, des mathématiques, des deux langues vivantes, de l'EPS, du français jusqu'en première et de la philosophie en terminale.

À ces matières obligatoires s'ajoutent, à partir de la seconde, des options qui deviendraient "des majeures" en première et en terminale. Les lycéens choisiront parmi une dizaine de combinaisons de deux matières : mathématiques-sciences de la vie et de la Terre, lettres-langue vivante, sciences économiques et sociales / mathématiques... Pour ceux qui se souviennent, ces combinaisons correspondent quasiment aux anciens bacs A, B, C, D et E.

La nouveauté, c'est que les élèves choisiront ces majeures pour chaque semestre et pourront décider de les modifier entre la première et la terminale. Au fil des semestres, les élèves auront davantage d'heures de cours dans ces matières.

Quatre épreuves écrites en terminale

Pour l’examen du baccalauréat, le rapport Mathiot suit la feuille de route établie par Emmanuel Macron pendant sa campagne. Le président de la République souhaitait quatre épreuves (contre dix à quinze actuellement) et le reste en contrôle continu. L’ancien directeur de Sciences Po Lille ne change rien d’abord à l'épreuve de français. Elle aura toujours lieu en première. En revanche, il modifie le reste. Quatre épreuves seront au programme de la terminale. Elles compteront pour 60% de la note finale. Au retour des vacances de Pâques, les élèves passeront les examens des deux majeures. En juin, il restera la philosophie. 

Un grand oral, et la fin de l'oral de rattrapage

Grande nouveauté, les lycéens passeront un grand oral. Il est question d'une sorte d'exposé d'une demi-heure sur un sujet transversal que l'élève aura travaillé dans l'année. Il pourra porter sur une ou plusieurs matières. Cela rappelle un peu les TPE (travaux personnels encadrés) qui sont une épreuve interdisciplinaire en première, ou, cela ressemble "au projet" en bac technologique.

Le "repêchage", lui, est remanié pour les candidats qui obtiennent entre 8 et 10 à l'examen. Les oraux seront remplacés par un examen du livret scolaire de première et terminale.

Le flou autour du contrôle continu

Pierre Mathiot a choisi de ne pas trancher sur la question du contrôle continu. Il représenterait 40% de la note, les quatre épreuves écrites passées en terminale et le grand oral comptant elles pour 60% (10% pour le français pour tous les candidats, 25% pour les deux épreuves du printemps, 10% pour la philo et 15% pour le grand oral).

Pierre Mathiot propose plusieurs pistes pour le contrôle continu. La première est la prise en compte des notes de première et de terminale. Mais elle comporte le risque d'un bac à valeur inégale selon que l'on vienne d'un lycée prestigieux ou non.

Deuxième possibilité évoquée dans le rapport : les lycéens passeraient des examens académiques ou nationaux ou communs à leur lycée à chaque fin de semestre, des sortes de partiels anonymes. Cela paraît aussi lourd à organiser que le bac actuel.

Troisième option : un mélange entre les deux solutions précédentes. Sur ce point, plusieurs ministres par le passé ont échoué. Le dernier en date est François Fillon en 2005. Finalement, Pierre Mathiot renvoie la "patate chaude" à Jean-Michel Blanquer. Pour décider, le ministre de l'Education nationale devrait mener une concertation et annoncer sa réforme du bac dans les prochaines semaines pour un nouveau bac opérationnel dans trois ans.