Evaluations, semaine de quatre jours, téléphone portable : pour la rentrée 2018, pas de bouleversements mais des polémiques en perspective

Alors que douze millions d’élèves retrouveront leurs professeurs lundi, le ministre de l’Education nationale est revenu sur les nouveautés pour la rentrée. Au menu, des approfondissements des réformes déjà menées, et pas moins de polémiques en perspective.

Des évaluations seront organisées deux fois dans l’année en CP, mais aussi en CE1, en sixième et en seconde.
Des évaluations seront organisées deux fois dans l’année en CP, mais aussi en CE1, en sixième et en seconde. (MARTIN BUREAU / AFP)

Quels changements pour la rentrée ? Les 880 000 enseignants français retrouveront vendredi 31 août leurs établissements, avant leurs 12 millions d'élèves lundi 3 septembre. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a fait lui sa rentrée dès mercredi rue de Grenelle et en a profité pour dévoiler les nouveautés pour l’année scolaire 2018-2019.

Tous les CP de quartiers défavorisés dédoublés

On y trouvera moins de bouleversements que l'an dernier, mais toujours des réformes et des approfondissements. Il en est ainsi du dédoublement des classes en éducation prioritaire, mesure phare de l’an dernier. Seuls les CP de REP+ (réseaux prioritaires renforcés), les plus en difficulté, étaient concernés en 2017. Cette année, tous les CP de quartiers défavorisés seront dédoublés, ainsi que les CE1 de REP+. Soit quelque 190 000 élèves au total. Le ministre est satisfait du dispositif, tout comme il est particulièrement fier de l'interdiction des portables au collège. Les syndicats ont beau dire que c'est cosmétique, que cela ne changera pas grand-chose, Jean Michel Blanquer affirme, lui, qu'on en a même parlé à l'étranger. L'autre évolution majeure, c'est le retour massif à la semaine des quatre jours à l'école : 85% des communes l'ont choisie. Elles étaient à peine plus d’un tiers en 2017.

Deux évaluations en CP, CE1, 6e et seconde

Moins de bouleversements, donc, mais pas moins de polémiques en perspective. Notamment autour des évaluations : ces dernières ont toujours existé, mais le ministre choisit cette année de les multiplier. Elles seront donc organisées deux fois dans l’année en CP, mais aussi en CE1, en sixième et en seconde. Pour Jean-Michel Blanquer, il est urgent d’en savoir davantage sur le niveau des élèves français. Il a d’ailleurs dévoilé mercredi les résultats des tests de 2017. Le portrait, selon lui, est plutôt inquiétant, de "fragilité".

En mathématiques, 27% ont une maîtrise insuffisante à l’entrée en sixième. En français, ce sont 15% des élèves qui ont une maîtrise insuffisante, selon ces évaluations. Et cela grimpe à 26% en REP, et 36% en REP+.Jean-Michel Blanquerà franceinfo

Ces évaluations à tous les étages inquiètent les syndicats d’étudiants. "Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est une évaluation des écoles ?, s’interroge Stéphane Crochet, secrétaire général du SE Unsa. On a entendu parler d’une rémunération au mérite… Le risque est de se mettre à préparer nos élèves à répondre à des exercices qui serviront à nous noter, nous, professionnellement, les enseignants. Et si nous nous mettons à faire cela, on perd complètement le sens de ce que nous avons à faire à l’école." Le débat devrait très vite s'ouvrir puisque la première batterie de test en CP est prévue trois semaines après la rentrée.