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Portable interdit à l'école et au collège : "déconnexion" ou "ennui à la récré", élèves et adultes ne sont pas sur la même ligne

L'enjeu de la proposition de loi discutée jeudi par les députés concerne le périmètre de la cour de récréation dans les écoles et les collèges, puisque le téléphone portable est déjà interdit en classe. 

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Radio France
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Le téléphone portable, déjà interdit en classe, pourrait l'être aussi dans les cours des récréations et collèges (illustration). (MAXPPP)

Le téléphone portable sera-t-il complètement interdit dans les écoles primaires et des collèges ? La proposition de loi, en ce sens, portée par la majorité La République en marche (LREM) arrive jeudi 7 juin à l'Assemblée nationale. En classe, peu de changement : le téléphone est, et restera, interdit, sauf désormais pour un usage pédagogique. En revanche, le périmètre de la cour de récréation est concerné.

Un enjeu pendant les pauses  

Aujourd'hui, c'est au chef d'établissement de décider s'il interdit le téléphone dans la cour de récréation. Demain, si la proposition de loi est adoptée, le téléphone y sera, de fait, interdit. Le responsable de l'établissement scolaire décidera s’il l'autorise. La nuance est subtile. Cela ne changera rien, rétorquent les opposants. Au contraire, répond Cathy Racon-Bouzon, rapporteure du texte à l'Assemblée nationale.

Aujourd’hui, on estime à 50% les établissements qui l'interdisent. Là, on sera une généralisation quasi-totale.

Cathy Racon-Bouzon, députée LREM

à franceinfo

La nouvelle tendance ne sera-t-elle pas inverse, c'est-à-dire une moitié de chefs d’établissements autorisant le portable ? "Je ne pense pas, rétorque Cathy Racon-Bouzon, parce que ce n’est pas l’esprit du texte." Selon la députée LREM des Bouches-du-Rhône, "le fait d’interdire le portable va généraliser le principe, changer la vie en société de nos enfants, leur apporter un droit à la déconnexion".

L'"ennui" à la récré redouté 

Pour des collégiens, autorisés jusqu'alors à utiliser leur portable à la récréation, la menace d'une interdiction résonne comme la fin du monde. "C’est grave", dit un élève. "Pendant les longues récréations, on s’ennuie, ajoute une collégienne. On a deux heures pour manger. On fait comment ? On ne va pas rester comme des idiots, sans rien faire." Oui, affirment-ils, ils "jouent" à la récré, mais "sur les téléphones". Ces collégiens sont prêts à braver tous les interdits. "Personne ne respectera ça. Ils ne peuvent pas nous mettre en prison parce qu’on utilisera un téléphone."

La sanction sera-t-elle valide ?

Aujourd'hui ce qui prévaut, c'est de confisquer le téléphone et de ne le restituer qu'aux parents, mais ce n'est pas inscrit dans la loi, dans le Code de l'éducation, explique Valérie Piau, avocate spécialisée en droit de l'éducation. "La confiscation est illégale. C’est une atteinte au droit de propriété", indique-t-elle.

Si vous téléphonez au volant, le policier va vous enlever des points, vous mettre une amende mais ne va pas vous confisquer votre téléphone. C’est pareil dans un établissement scolaire.

Valérie Piau, avocate

à franceinfo

L'avocate martèle qu'"il est normal que l’élève soit sanctionné s’il utilise son téléphone pendant les cours, mais la confiscation est interdite". Le gouvernement entend justement faire voter un amendement autorisant les enseignants à confisquer les téléphones portables. 

Par ailleurs, un autre amendement du groupe LREM prévoit que les professeurs ne puissent pas non plus utiliser leur téléphone, au nom de l'exemplarité. Cet amendement va être discuté aujourd’hui à l'Assemblée nationale, mais devant l'opposition du ministre de l'ducation et de la rapporteure, il devrait ensuite être retiré.

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