Polynésie : la major du bac affirme avoir été refusée dans tous les établissements parisiens où elle a postulé, le ministère dément

Ranitea Gobrait a eu une moyenne de 20,32 sur 20. Elle reste pourtant en liste d'attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une classe prépa d'ingénieurs.

Ranitea Gobrait, major du bac en Polynésie, le 6 juillet 2018 à Papeete. 
Ranitea Gobrait, major du bac en Polynésie, le 6 juillet 2018 à Papeete.  (MIKE LEYRAL / AFP)

Ranitea Gobrait cumule les réussites : cette championne de Polynésie du 800 mètres nage libre, en terminale S au lycée La Mennais de Papeete, est major du bac dans l'archipel, avec une moyenne de 20,32 sur 20. Mais avec Parcoursup, elle affirme ne toujours pas savoir où étudier à la rentrée.

Avec 20 sur 20 en philo, 20 en histoire, 20 en maths, 20 en physique-chimie, 20 en anglais, 20 en mandarin, 20 en espagnol, et 20 en natation, Ranitea a presque fait un sans-faute. Ses seuls petits écarts : un 15 en TPE, un 18 en sport. En français, elle a obtenu 18 à l'écrit et 19 à l'oral.

Et pourtant, elle dit être toujours à la recherche d'un établissement pour l'accueillir à la rentrée : elle a été refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé et reste en liste d'attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat, pour une classe prépa d'ingénieurs.

Le ministère dément et assure qu'elle a refusé des propositions

"Je trouve ça aberrant. Je ne suis pas la seule dans ce cas : il y a beaucoup de bons élèves qui subissent le fait d'être à Tahiti. Les grandes prépas nous ont laissés de côté, nous les îles d'outre-mer (...) Je trouve que c'est dommage de nous fermer les portes comme ça, on devrait nous laisser notre chance", regrette la jeune fille. Pour la directrice du lycée privé La Mennais, "on est forcé de constater qu'être en Polynésie française, ça peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières".

Mais samedi soir, le ministère de l'Enseignement supérieur a réagi et affirmé dans un communiqué que la bachelière "a reçu et refusé plusieurs propositions d'admission, notamment dans des classes préparatoires de grandes écoles qu'elle avait appelé de ses vœux, à Paris". Selon le vice-rectorat de Polynésie, "pas moins de cinq propositions d'intégration dans des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) métropolitaines, conformes à ses vœux (dont 4 dans des lycées parisiens), lui ont été proposées". Il précise encore qu'"à ce jour, son dossier est sur liste d'attente dans deux lycées métropolitains, et elle est inscrite en CPGE à l'Université de Polynésie française"