Opération "collège mort" à Saint-Ouen pour dénoncer le manque de professeurs

Les parents et enseignants du collège Joséphine-Baker de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ont lancé un appel à la grève, mardi, avec un rassemblement devant l'établissement puis devant l'inspection académique à Bobigny.

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Radio France
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Opération "Collège mort" des parents et enseignants du collège Joséphine-Baker à Saint-Ouen, le 5 octobre 2021. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Des semaines entières sans professeur : depuis la rentrée, quatre classes n'ont pas eu cours de français, trois classes aucun enseignement d'espagnol, et trois autres pas d'arts plastiques pendant quinze jours. C'est le constat de l'équipe pédagogique du collège Joséphine-Baker, à Saint-Ouen (Saint-Saint-Denis), classé en éducation prioritaire, et c'est ce qui a poussé les parents et les enseignants à se mobiliser, mardi 5 octobre. Cette situation, c'est du jamais vu, selon Gwénaelle Chambonnière, professeure de lettres dans cet établissement depuis neuf ans. 

"Qu'il y ait autant de cours en moins, autant de professeurs non remplacés, et ce qui est, je trouve, très inquiétant, autant d'élèves en situation de handicap qu'on laisse sans aide, sans accompagnement."

Gwénaelle Chambonnière, professeure de lettres

à franceinfo

Car ce qui manque aussi dans ce collège, ce sont les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) : seul un quart des heures d'aide allouées sont effectives. Un manque de personnel d'autant plus problématique au vu de la crise sanitaire, ajoute Camille Christiny, la CPE : "Ça fait deux ans qu'on est dans un contexte particulier, donc les difficultés, on les sent. La tension, les problèmes de lecture, de rythme de travail, de concentration, on les voit depuis deux ans, clairement ! C''est une réalité, c'est grave et on est inquiets."

Un problème encore plus criant cette année

À Joséphine-Baker, un professeur de français vient tout juste d'être trouvé. Mais le problème est plus large, aussi bien local que national : d'ailleurs des parents d'élèves du collège Michelet, autre établissement de Saint-Ouen, sont venus au rassemblement mardi matin. 

C'est le cas de Mélanie Mermoz, représentante FCPE : "On a une prof d'allemand en congé maternité qui n'est pas remplacée, donc depuis la rentrée on n'a pas de cours d'allemand dans un collège où il y a une section bilangue. Donc, on a des enfants qui n'ont pas eu allemand depuis plus d'un mois."

"On n'a pas d'infirmière scolaire. Dans une année de crise sanitaire, une année de campagne de vaccination, on n'a pas d'assistante sociale... C'est vraiment un souci."

Mélanie Mermoz, représentante FCPE

à franceinfo

Difficile d'avoir des chiffres officiels et nationaux sur ce manque de professeurs, mais selon les syndicats, le problème est plus criant cette année que d'habitude. "Ça remonte de partout et beaucoup plus", affirme l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa). De son côté, l'Union nationale des syndicats autonomes (Snes) évoque, par exemple, l'académie de Toulouse, où 200 à 400 postes sont toujours non pourvus.

Dans une réponse envoyée le 4 octobre au député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel qui l'avait alerté, l'inspecteur d'académie du département affirme que le rectorat de Créteil est "parfaitement au fait" des situations dans les deux collèges Joséphine-Baker et Michelet. À propos du manque d'assistante sociale et infirmière scolaire, il affirme que "la situation dans le département est à l'identique de la situation nationale, à savoir un manque de ressource humaine qui fait que les absences de ces professionnels ne trouvent pas de remplaçants". Enfin, au sujet des accompagnants des élèves en situation de handicap, l'inspecteur affirme que les équipes "font leur maximum pour recruter les AESH nécessaires", mais "la possibilité d'aide n'est pas encore ajustée à la demande".

Opération "collège mort" à Saint-Ouen : reportage de Noémie Bonnin
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