"On n’est pas des bouts de viande !" : des lycéennes dénoncent le sexisme de la règle sur les vêtements jugés "provocants"

Au lycée Camille Sée, dans le 15e arrondissement de Paris, des lycéennes s’indignent des propos de Jean-Michel Blanquer sur l’importance de tenues "correctes" et "républicaines".

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Radio France
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Des élèves dans la cour de récréation du lycée Geoffroy Saint-Hilaire, à Etampes, le 10 octobre 2019. (PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP)

Interdire l'accès de l'école à des filles parce qu'elles n'ont pas une tenue "républicaine", correcte ou normale, quel que soit le terme, symboliquement il choque Mathilda, rencontrées à la sortie du lycée Camille Sée, dans le 15e arrondissement de Paris.

Cela donne le message que la façon dont une fille s'habille, c'est plus important que son éducation. On est au XXIe siècle, ce n'est pas normal de transmettre ce message-là...

Mathilde, lycéenne

à franceinfo

Une semaine après le mouvement de lycéennes revendiquant de s'habiller comme elles le souhaitent pour aller en cours, Jean-Michel Blanquer a réaffirmé lundi 22 septembre la position du ministère de l'Éducation nationale : il est "important d'avoir une tenue correcte" et d'être "habillé d'une façon républicaine". Il donne ainsi raison aux établissements qui ont refusé l'accès à des élèves portant des vêtements jugés "provocants", car trop courts, en plein pic de chaleur.

"Cela ne nous empêche pas de travailler"

Mais ce qui révolte le plus Miro et Marguerite, c'est surtout la raison avancée par les établissements pour justifier la tenue correcte exigée : cela déconcentre les garçons. "Les garçons n'ont pas à être déconcentrés, on n'a pas à être regardées comme des bouts de viande ! s’offusquent les adolescentes. Là, on vient dans une tenue entre guillemets provocante : un jean troué, un décolleté... Cela ne nous empêche pas ni de travailler, ni d'être assises en cours, ni rien du tout."

La tenue vestimentaire, interdite ou pas, relève d'une question d'appréciation puisque dans le règlement intérieur, les établissements détaillent rarement les vêtements proscrits, en se contentant d'une phrase comme "les tenues provocantes sont interdites". Un mot que Nora trouve déplacé. "De juger ça provocant, sexuellement parlant, je trouve la remarque encore plus provocante, s'indigne-t-elle. Les élèves peuvent s'exprimer par leurs vêtements. Si les établissements ou le ministre de l'Éducation ne sont pas contents, ils n'ont qu'à imposer les uniformes et ce sera réglé." Et c'est précisément ce que proposait lundi sur Twitter un député La République en marche.

Des lycéennes dénoncent le sexisme de la règle sur les vêtements jugés "provocants" - reportage à Paris d'Emmanuel Grabey
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