Nouvelles filières, allongement et rémunération des stages... Les pistes envisagées par le gouvernement pour la réforme du lycée professionnel

C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la réforme du lycée professionnel est présentée jeudi par le chef de l'État et trois ministres en Charente-Maritime. franceinfo fait le point sur les annonces prévues.
Article rédigé par Noémie Bonnin
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Lycée Gustave Eiffel, à Cernay (Haut-Rhin), le 17 octobre 2022. (HERVÉ KIELWASSER / MAXPPP)

La réforme du lycée professionnel est présentée jeudi 4 mai par Emmanuel Macron, à l'occasion d'une visite au lycée Bernard-Palissy de Saintes, en Charente-Maritime, aux côtés des ministres de l'Éducation nationale Pap Ndiaye, du Travail Olivier Dussopt et de l'Enseignement professionnel Carole Grandjean. Dans une tribune mercredi sur les réseaux sociaux, le chef de l'État a indiqué la philosophie de son annonce : faire de la filière professionnelle une voie d'avenir. Promise lors de la campagne présidentielle de 2022, cette réforme a depuis le début des concertations cristallisé une vive opposition.

Alors qu'un lycéen sur trois est scolarisé dans cette voie professionnelle, l'Elysée et le ministère de l'Education nationale ont précisé à franceinfo comment ils veulent veut mieux connecter le lycée au monde de l'entreprise. 

>> Réforme du lycée professionnel : suivez les annonces d'Emmanuel Macron

Modification de l'offre de formations

L'idée est de créer de nouvelles filières, dans des secteurs porteurs, comme le numérique, ou l'écologie, mais il est aussi question de supprimer celles qui offrent le moins de débouchés : dans la gestion ou le secrétariat par exemple. Il faut mieux prendre en compte les besoins des entreprises, affirme l'Élysée, s'adapter aux bassins d'emploi, privilégier ici les métiers de l'automobile, ailleurs ceux du ferroviaire, ou de la construction. Ce qui signifie qu'il n'y aura pas de liste de formations, rédigée à Paris, les mêmes pour tout le pays.

Les syndicats d'enseignants de lycées professionnels pointent le risque de "formatage à l'emploi", contraire à leur objectif de former des jeunes citoyens, avec une culture générale suffisante.

Allongement des stages controversé

Ce qui a été très polémique aussi, c'est la piste d'Emmanuel Macron qui était au départ d'allonger ces périodes en entreprises de 50%. Mais le chiffre a été retoqué après que la ministre déléguée en charge du dossier, Carole Grandjean, eut constaté l'opposition forte. Les représentants des enseignants y voyaient une solution facile, pour proposer de la main-d'œuvre pas chère pour des emplois désertés par les actifs plus qualifiés. Désormais l'idée est de moduler les stages suivant le cursus et le projet de l'élève.

Les lycéens rémunérés pendant leur stage

Ce qui va changer aussi, pour les lycéens, très concrètement, c'est qu'ils vont toucher un peu d'argent, pendant leur période en entreprises. Aujourd'hui il n'y a aucune obligation. Cette gratification sera financée par l'État. Selon les informations de France Inter, il s'agira de 50 à 100 euros par semaine.
 
L'objectif est enfin, de lutter contre le décrochage scolaire. Il y a un gros chantier à ce sujet : deux tiers des lycéens décrocheurs viennent de la voie professionnelle. Il est question par exemple d'organiser plus de cours en demi-groupes.

Une enveloppe d'un milliard d'euros par an

Les missions supplémentaires des professeurs, dans le cadre du Pacte proposé par Pap Ndiaye seront précisées : du travail en plus, en échange d'une prime.

Pour cette réforme, un milliard d'euros par an est mis sur la table. Elle va s'appliquer en plusieurs étapes : la gratification pendant les stages, l'ouverture et la fermeture de nouvelles formations, dès la rentrée prochaine. Mais d'autres chantiers, un peu plus complexes, seront mis en place plus tard.

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