CDI des assistants d'éducation : "Le diable se niche dans les détails", selon le SNES-FSU

Pour le SNES-FSU, la priorité est de revaloriser le salaire des AED (assistants d'éducation), et "de sécuriser leur avenir en en facilitant la préparation à des concours ou en facilitant la reconnaissance de l'expérience".

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Radio France
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Le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye à l'Assemblée Nationale, le 2 août 2022. (ALAIN JOCARD / AFP)

"Le diable se niche dans les détails", estime jeudi 11 août sur franceinfo la secrétaire générale du SNES-FSU Sophie Vénetitay après l'annonce de la possibilité pour les assistants d'éducation (AED) des collèges et lycées de signer un CDI après six ans de CDD.

"Tous les AED ne passeront pas automatiquement en CDI" et "il n'y a aucune perspective de progression salariale", regrette-t-elle. "La priorité, c'est de recruter des AED, de mieux les payer et de sécuriser leur avenir en facilitant la préparation à des concours ou en facilitant la reconnaissance de l'expérience."

franceinfo : Êtes vous d'accord avec le ministre de l'Education nationale qui considère que "le travail et l'engagement des assistants d'éducation sont désormais sécurisés" ?

Sophie Vénetitay : On sent qu'il y a la volonté de lutter contre la précarité des AED. Mais comme souvent, comme toujours d'ailleurs dans l'Education nationale, le diable se niche dans les détails puisque tous les AED qui arriveront au bout de ces six ans ne passeront pas tous automatiquement en CDI. Par ailleurs, dans le décret qui est sorti aujourd'hui, il n'y a aucune perspective de progression salariale pour la suite. Surtout, un AED qui passerait en CDI se verrait supprimer tous ses crédits d'heures de formation universitaire ou professionnelle. On a du mal à comprendre pourquoi, alors même qu'ils sont un certain nombre à se destiner à des métiers de l'Education nationale, que ce soit conseiller principal d'éducation ou enseignant.

Votre priorité est la revalorisation des salaires ?

Oui, c'est clairement une des priorités pour les AED. Vous savez, quand on est enseignant, on sait qu'il y a un lieu absolument incontournable dans un collège et un lycée, c'est la vie scolaire.

"On a vu pendant la crise du Covid, à quel point les AED jouaient un rôle incontournable. Ce sont notamment eux qui ont fait tout le contact tracing. Leurs missions se sont élargies et ils ont fini par craquer sous le poids des missions, mais aussi du fait qu'ils ne sont pas suffisamment nombreux."

Sophie Vénetitay, SNES-FSU

à franceinfo

Donc, aujourd'hui, la priorité, c'est vraiment de recruter des AED mais aussi de mieux les payer et de sécuriser leur avenir en en facilitant la préparation à des concours ou en facilitant la reconnaissance de l'expérience pour que ça puisse être un tremplin pour sortir de la précarité.

Plus largement, dans quel état d'esprit abordez-vous la première rentrée de votre nouveau ministre de l'Education Pap Ndiaye ?

C'est vrai que c'est une rentrée avec un nouveau ministre, mais on aussi l'impression d'une très grande continuité avec ce qu'a pu faire Jean-Michel Blanquer. On voit que la rentrée se profile encore une fois avec des problèmes de recrutement. Le ministre nous assure qu'il y aura un professeur devant chaque classe à la rentrée. On reste encore assez perplexe face à cette affirmation vu la façon dont les rectorats ont bricolé pendant tout l'été pour recruter. Et puis après, il y aura aussi la question des professeurs remplaçants pendant tout le reste de l'année. Il va falloir très vite que le ministre passe aux actes de rupture, qu'il s'engage sur la revalorisation des salaires de tous les enseignants, pas uniquement des professeurs débutants, et qu'il prenne des actes très fort pour enfin renouer le lien avec le monde enseignant.

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