La non-communication de Pap Ndiaye : pourquoi le ministre de l'Éducation nationale ne parle-t-il pas ?

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Il est la grande surprise du gouvernement Borne, Pap Ndiaye est déjà critiqué, très observé et suivi par les médias. Mais  le successeur de Jean-Michel Blanquer a choisi de retarder sa communication. Pourquoi ?

Article rédigé par
Laetitia Krupa et Gaspard Gantzer - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Pap Ndiaye, le 5 mai 2021, au Musée de l'Immigration à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Il est la surprise du gouvernement Borne. Peu connu du grand public, Pap Ndiaye a immédiatement été vilipendé par l'extreme-droite, décrit par les médias comme étant l'antithèse de Jean-Michel Blanquer, sa parole était donc très attendue, mais... il n'a pour le moment communiqué qu'une fois, le jour de la passation de pouvoirs rue de Grenelle.

Avec un message clair et qui a posé ses premières intentions. Et pour faire de son hommage à Samuel Paty le marqueur de sa mission au ministère de l'Education Nationale, Pap Ndiaye s'est rendu, pour son premier déplacement, au collège de Conflans-Sainte-Honorine, où le professeur d'histoire-géographie enseignait. Mais le ministre l'a fait sans caméra et ce n'est que le lendemain que la presse a relayé sa visite.

franceinfo : qu'est-ce que ces débuts disent de la communication qu'a choisie Pap Ndiaye ?

Gaspard Gantzer : Pap NDiaye sait qu'il est attendu au tournant car son nom avait peu circulé avant qu'il n'arrive rue de Grenelle. Il a donc voulu marquer son entrée en politique, en laissant son empreinte rapidement. Et son empreinte c'est celle d'un historien, celle d'un professeur d'histoire qui est attaché à l'histoire, à la mémoire et aux symboles. C'est pour cela qu'il a voulu tout de suite se mettre dans les pas, non pas de ses prédécesseurs, mais d'un de ses collègues qui a perdu la vie malheureusement dans le cadre d'un attentat terroriste.

Sa nomination au ministère de l'Éducation nationale est-elle aussi un coup de com' ?

Incontestablement parce que le premier gouvernement d'Elisabeth Borne est un gouvernement de continuité et, un peu comme Emmanuel Macron avait choisi la figure de Nicolas Hulot en 2017 et un peu plus tard celle d'Eric Dupond-Moretti, il a voulu attirer l'attention avec ce ministre peu connu du grand public mais très impliqué dans le milieu académique. Pap Ndiaye est très impliqué dans la lutte contre les discriminations et qui, par son parcours, son origine, marque les esprits.

Son deuxième déplacement officiel s'est donc déroulé jeudi aux côtés du chef de l'Etat à Marseille, pour lancer l'école du futur, mais c'est finalement Emmanuel Macron qui parlé à sa place, ou du moins "sous le contrôle de monsieur le ministre". Est-ce quelque chose de normal ?

Oui, et on aurait pu attendre très longtemps la prise de parole de Pap Ndiaye, car, quand un président se déplace les ministres sont d'abord et avant tout là pour faire de la figuration. On a coutume de dire que sous la Ve République, le président s'occupe de tout, y compris de la couleur des rideaux et de changer les ampoules à l'Elysée. Dans les déplacements ministériels et présidentiels c'est donc très difficile pour un ministre d'exister, et notamment quand celui-ci a peu d'expérience politique. On peut toujours dire un mot en passant mais la star du jour, dans un tel déplacement, c'est le président et rien que le président.

Sait-on quand la première prise de parole de Pap Ndiaye aura lieu ?

Pas encore je crois, mais comme beaucoup de nouveaux ministres - je pense aussi à Rima Abdul-Malak à la Culture -, ils redoutent cette première prise de parole dans les médias car ils savent qu'ils sont attendus au tournant. Donc ils s'entraînent, certains font du media-training... En tous cas, ils calibrent leurs messages et ils attendent de passer leur épreuve du feu.

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