Assassinat d'un professeur dans les Yvelines : le Festival international de la caricature de Marseille sous le choc

A Marseille se tient jusqu'à dimanche soir la 9e édition du Festival international de la caricature, du dessin de presse et de la satire. Dessinateurs et visiteurs sont sous le choc après l'assassinat d'un professeur dans les Yvelines.

Les dessinateurs présents au FIDEP sous le choc après l\'assassinat de Samuel Paty.
Les dessinateurs présents au FIDEP sous le choc après l'assassinat de Samuel Paty. (France 3 Provence-Alpes / M. Flores)

La Covid-19 devait être la grande star de cette 9e édition du FIDEP (Festival international de la caricature, du dessin de presse et de la satire de l'Estaque) mais l'actualité en a décidé autrement. L'assassinat vendredi dans les Yvelines d'un professeur qui avait réalisé un cours sur la liberté d'expression, a bouleversé les dessinateurs présents ainsi que les visiteurs.

"Affreux", "incompréhensible", "effarant", dans les allées du FIDEP les visiteurs ont du mal à trouver les mots. L'actualité vient de rappeler combien la liberté d'expression est précieuse mais aussi fragile. Vendredi dans les Yvelines, un professeur d'histoire-géographie, Samuel Paty, a été décapité en pleine rue parce qu'il avait montré des caricatures du prophète Mahomet à des élèves dans le cadre d'un cours d'éducation civique. 

Il faudra continuer à se battre et il faut que tout le monde se batte.Bertrand Daullé, dessinateur

Cabu, Tignous, Honoré... Bertrand Daullé, le vice président du festival, les a bien connus. Pour cet ancien dessinateur de presse, ce nouvel attentat contre la liberté d'expression est insupportable : "Vouloir fermer la bouche de gens qui essaient d'expliquer ce qu'est le monde et de faire évoluer les obscurantismes, je trouve que c'est le degré zéro de la connerie. C'est inacceptable." 

Détail d\'un dessin de Bertrand Daullé en hommage au professeur assassiné.
Détail d'un dessin de Bertrand Daullé en hommage au professeur assassiné. (France 3 Provence-Alpes / M. Flores)

L'événement prouve, s'il en était besoin, l'utilité et la force de la caricature notamment pour éveiller les consciences. Pour le dessinateur de presse Pierre Ballouhey qui a notamment collaboré à Siné Hebdo ou The Guardian, un dessin vaut tous les grands discours : "elle [la caricature] explique très rapidement l'actualité, elle fait rire sur des problèmes qui sont graves, mais elle fait réfléchir aussi." 

Le Festival international de la caricature, du dessin de presse et de la satire de l'Estaque se termine ce dimanche 18 octobre à 18h dans le 16e arrondissement de Marseille.