A Sciences Po Aix, polémique après un accrochage entre un prof et une étudiante voilée

Durant un cours d'histoire, un enseignant a pointé du doigt une étudiante voilée, voyant en elle "un cheval de Troie de l'islamisme". 

Capture d\'écran du reportage de France 3 Provence-Alpes sur Sciences Po Aix.
Capture d'écran du reportage de France 3 Provence-Alpes sur Sciences Po Aix. (FRANCE 3 PROVENCE-ALPES)

Sonia* ne s'attendait sans doute pas à une telle remarque. Etudiante en première année à l'Institut d'études politiques (IEP) d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), cette jeune femme a été accusée par un enseignant d'être "un cheval de Troie de l'islamisme", lundi 29 septembre, en raison du voile qu'elle portait durant un cours d'histoire. "Une partie des étudiants, solidaires [avec la jeune femme], a quitté l'amphithéâtre en signe de désapprobation", rapporte jeudi matin La Provence.

"Porter ce voile, c'est ma liberté"

"La laïcité, ce sont des limites posées pour le bien vivre ensemble. Ce n'est pas rendre invisible sa religion. (...) Porter ce voile, c'est aussi ma liberté. Je suis juste là pour faire mes études, je préférerais qu'on me voie juste comme une bonne élève", déplore l'étudiante. Le port d'un signe religieux est interdit dans les écoles, collèges et lycées publics, mais pas à l'université ou dans un établissement de l'enseignement supérieur comme Sciences Po. 

Cité par La Provence, le directeur de l'IEP, Christian Duval, juge l'incident "regrettable". Pour calmer les esprits, ce dernier est intervenu devant l'ensemble des étudiants, mercredi après-midi. Mais l'enseignant en question, lui, refuse de corriger ses propos. "Je ne l'ai pas agressée, j'ai simplement fait remarquer à cette étudiante qu'elle gênait ses camarades en amphi, et pas seulement en amphi, car d'autres incidents ont précédé celui-ci, explique Jean-Charles Jauffret, historien, à nos confrères de France 3 Provence-Alpes. Elle est totalement manipulée. Elle me fait pitié." 

*Le prénom a été modifié.