À Marseille, des familles de trafiquants expulsées de leur logement : le bailleur dit œuvrer pour "la quiétude" des habitants

Après l'expulsion de quatre familles de trafiquants de drogue vendredi matin, Lionel Royer-Perreaut a expliqué sur franceinfo vouloir "contrer le sentiment d'impunité".

Lionel Royer-Perreaut, lors d\'une séance plénière de la métropole d\'Aix-en-Provence le 28 février 2019.
Lionel Royer-Perreaut, lors d'une séance plénière de la métropole d'Aix-en-Provence le 28 février 2019. (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

"13 Habitat", principal bailleur social des Bouches-du-Rhône, a décidé de faire expulser quatre familles de trafiquants de drogue de leur logement social. Deux autres doivent bientôt également être concernées. "Ce que j'attends d'abord, c'est le respect de la règle de droit", a expliqué vendredi 19 avril sur franceinfo Lionel Royer-Perreaut, président de 13 Habitat et maire LR des 9e et 10e arrondissements de Marseille. L'élu met en avant les "principes républicains" et assure œuvrer pour "la quiétude au quotidien" des habitants. "Il faut rappeler ce qu'est le bons sens. Vivre ensemble, c'est aussi de respecter l'autre", souligne Lionel Royer-Perreaut.

franceinfo : Toute expulsion est compliquée. Qu'est ce qui vous a permis d'expulser ces quatre familles ?

Lionel Royer-Perreaut : Ce qui nous a permis de la faire, ce sont deux dispositions législatives, à savoir le trouble de jouissance d'un bien, et aussi les impayés. Tout cela, c'est en attendant une disposition législative, votée par le Sénat, mais pas encore votée par l'Assemblée nationale, qui permettra à tout bailleur social de résilier un bail de familles ou de délinquants, condamnés par la justice et qui causaient des troubles. Là, ce sont des personnes qui sont connues, très largement identifiées et qui ont déjà été condamnées par la justice. La seule chose est de pouvoir permettre aux honnêtes gens, qui vivent en cité HLM, et qui n'ont pas d'autre moyen que de vivre en cité HLM, de vivre de manière paisible et de ne pas être prise en otage par ce type de comportement.

Qu'est-ce que vous attendez de cette décision ? Un retour au calme dans ces quartiers ?

Ce que j'attends d'abord, c'est le respect de la règle de droit. C'est la première chose que l'on doit attendre en République. La deuxième chose, c'est de lutter contre une certaine forme d'impunité de la part de certains qui considèrent que c'est leur territoire, qu'ils sont chez eux et que c'est la loi du plus fort qui s'applique avec eux. À un moment donné, c'est juste impossible à tolérer sur le plan des principes républicains, mais également sur le plan de la quiétude au quotidien pour ceux qui travaillent, qui vivent dans ces cités, qui subissent au quotidien ces types de comportements et qui appellent au secours jour après jour.

Est-ce que vous ne déplacez pas le problème ailleurs ?

Je suis un bailleur social : 35 000 logements sociaux, donc à peu près 90 000 locataires. J'ai un devoir d'assurer la quiétude. Je ne suis pas le seul dans la chaîne de décision. Il y a la justice et les services sociaux qui doivent aussi accompagner. Il faut aussi à un moment donné contrer ce sentiment d'impunité qui anime certaines familles. Vous avez des gens qui trafiquent au vue de tout le monde, empêchent d'autres gens de vivre normalement, et cela semble, pour certains d'entre eux, ne leur faire ni chaud ni froid. Il faut rappeler ce qu'est le bons sens. C'est de faire respecter la règle, le bien vivre ensemble, c'est expliquer aux uns et aux autres qu'on vit en communauté et que le vivre ensemble, c'est aussi respecter l'autre.