Les cinq sorties les plus polémiques d'Eric Zemmour

Le chroniqueur a de nouveau fait parler de lui cette semaine en traitant de l'un de ses sujets favoris : l'insécurité en France et les effets de "l'immigration de masse". Retour sur les déclarations les plus médiatiques du polémiste.

Eric Zemmour à Paris, le 5 avril 2013.
Eric Zemmour à Paris, le 5 avril 2013. (BALTEL/SIPA)
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Claire Digiacomi

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Un "délire xénophobe". C'est ainsi que le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a qualifié les propos d’Eric Zemmour sur RTL, mardi 6 mai. Dans une chronique intitulée "En matière de délinquance, notre Etat fait illusion", le journaliste chroniqueur et polémiste a comparé "les grandes invasions d’après la chute de Rome" avec les "bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent". "Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques", a-t-il déclaré. Francetv info a compilé les saillies les plus médiatiques et les plus polémiques du chroniqueur.


1 Le 13 novembre 2008 : "J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire" 

Ce jour-là, Eric Zemmour est l’invité d’Isabelle Giordano sur le plateau de l’émission "Paris/Berlin : le débat", sur Arte. Alors que la militante et chroniqueuse Rokhaya Diallo lui demande d’expliquer ce qu’il entend par le terme de "races", le polémiste répond qu'elles se distinguent "à la couleur de la peau" : "J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire", dit-il.

Emmanuel Suard, directeur adjoint des programmes d’Arte, s’explique quelques jours plus tard dans Télérama : "Notre chaîne, bien sûr, ne s’associe par aux propos de Zemmour." Alors que le sociologue Michel Wieviorka, toujours dans Télérama, demande des sanctions contre Eric Zemmour, Emmanuel Suard répond : "Nous avons consulté nos services juridiques pour voir si ces déclarations tombaient sous le coup de la loi. Cela ne semble pas être le cas."

2 Le 3 février 2010 : sans l’avortement, il y aurait eu un "mini-baby-boom" 

En février 2010, Eric Zemmour revient sur la loi Veil dans "Z comme Zemmour" sur RTL. Si l’avortement n’était pas pratiqué, "la population française serait passée de 65 à 72 millions d'habitants (...) Je voudrais vous faire réfléchir sur l'influence de ce mini-baby-boom sur la croissance économique et le poids politique de la France", dit-il. 

Il affirme également que "72% des femmes qui ont recours à l’IVG étaient sous pilule" : "Ces femmes veulent un enfant sans le vouloir tout en le voulant", conclut-il. Dès le lendemain, une représentante du Planning familial intervient sur l’antenne de RTL dans un droit de réponse : "Cette décision d'interrompre une grossesse n'est jamais prise à la légère", insiste-t-elle.

3 Le 6 mars 2010 : "La plupart des trafiquants sont noirs et arabes"

C'est l'affaire qui a valu à Eric Zemmour sa première condamnation judiciaire. "Pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait", lance-t-il sur le plateau de "Salut les terriens", sur Canal+, toujours aux côtés de Rokhaya Diallo. La Licra, SOS Racisme, le Mrap et le Club Averroes décident de poursuivre le chroniqueur en justice.

Relaxé pour les faits de "diffamation raciale", il sera bien reconnu coupable de "discrimination raciale". Dans Le Point, Eric Zemmour répondra à la Licra : "Ma volonté n'a jamais été de stigmatiser les Noirs ou les Arabes comme des délinquants, mais si cette phrase, sortie de tout contexte, a pu heurter, je le regrette."

4 Le 6 mars 2010 (toujours) : les recruteurs "ont le droit" de ne pas embaucher "des Arabes et des Noirs"

 

Le même jour, sur le plateau de "L'Hebdo", une émission de France Ô, Eric Zemmour avance que la discrimination, "c'est la vie", et que la discrimination à l'embauche peut être justifiée dans certains cas.  

Poursuivi en justice par cinq associations anti-racisme, il est condamné à 2 000 euros d'amende avec sursis pour "provocation à la discrimination raciale". Il répond que ces associations "ne font que criminaliser une parole qui ne veut pas se coucher devant le politiquement correct".

5 Le 23 mai 2012 : Taubira protège "les femmes et les jeunes de banlieues", elle s'en prend aux "hommes blancs"


Le gouvernement de François Hollande a à peine pris ses fonctions, fin mai 2012, lorsqu'Eric Zemmour fustige, sur RTL, la nouvelle ministre de la Justice, Christiane Taubira : "Elle a choisi ses victimes – les femmes, les jeunes – et ses bourreaux – les hommes blancs", explique-t-il. Plus tôt dans sa chronique, il lance : "Christine Taubira sait aussi redevenir douce et compatissante, compréhensive, une maman pour ses enfants. Ces pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi, parfois." 

Après son passage à l’antenne, le Mrap s’est dit "scandalisé par la chronique haineuse, raciste et misogyne" d’Eric Zemmour. Dans une chronique publiée par Le Monde, SOS Racisme affirme que le chroniqueur adopte un "positionnement digne de ce machisme grossier dont il ne se départ plus"

Marine Le Pen apporte alors son soutien au chroniqueur : "Le débarquement d'Eric Zemmour de la station de radio RTL constituerait une grave atteinte au pluralisme des opinions dans les médias." Il répond quelques jours plus tard par une nouvelle chronique sur RTL. Deux ans plus tard, l'insubmersible chroniqueur officie toujours sur la première radio généraliste de France.