Soupçonné de "trafic d'influence", Nicolas Sarkozy est de nouveau dans le viseur du Parquet national financier

Le PNF enquête sur les rémunérations dont a bénéficié l'ancien président de la part d'une société d'assurances russe, Reso Garantia. L'entourage de Nicolas Sarkozy se déclare "parfaitement serein".

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L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 21 juin 2019, lors d'une conférence de presse, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Nicolas Sarkozy est à nouveau dans le viseur de la justice. L'ancien président, sous forte pression judiciaire depuis sa retraite politique, est visé par une enquête du Parquet national financier (PNF), qui soupçonne cette fois Nicolas Sarkozy d'un possible "trafic d'influence" dans ses lucratives activités de conseil en Russie.

Le parquet anticorruption, qui a croisé le fer en décembre avec l'ex-chef de l'Etat lors du procès de l'affaire "des écoutes", enquête depuis l'été 2020 sur les rémunérations dont il a bénéficié de la part d'une société d'assurances russe, Reso Garantia, contrôlée par deux milliardaires russes d'origine arménienne, Sergueï et Nikolaï Sarkissov, selon Mediapart

Joint par l'AFP et franceinfo, le PNF a confirmé vendredi 15 janvier avoir ouvert cette enquête préliminaire des chefs de "trafic d'influence" "et "blanchiment de crime ou de délit", sans confirmer la date d'ouverture des investigations, qui auraient été déclenchées par un signalement du service de renseignement financier Tracfin. Joint par franceinfo, l’entourage de l'ancien président se déclare "parfaitement serein". "Les activités de conseil de Nicolas Sarkozy sont encadrées dans le strict respect des règles légales et déontologiques", précise-t-il.

Du "lobbying" potentiellement "délictuel"

"La justice cherche à vérifier si l'ancien chef de l'Etat a seulement agi comme consultant, ce qui serait parfaitement légal, ou s'il se serait adonné à des activités de lobbying potentiellement délictuelles pour le compte des oligarques russes", écrit Mediapart. Le contrat conclu en 2019 porterait sur plusieurs années et un montant de 3 millions d'euros.

Nicolas Sarkozy aurait déjà touché 500 000 euros au titre de ce contrat, début 2020, sur son compte à la banque Edmond de Rothschild, toujours d'après Mediapart. La banque, jointe par l'AFP, "ne fait pas de commentaire et rappelle que le respect des obligations légales et réglementaires figure au premier rang de ses priorités".

Reso Garantia, fondée en 1991, est l'une des principales sociétés d'assurance en Russie, spécialisée notamment dans l'assurance auto-moto, avec plus de 34 000 agents dans ce pays et 11 millions de clients. "Nous ne commentons pas les termes du contrat de M. Sarkozy", a réagi le service de presse de l'entreprise russe, cité par l'agence Ria Novosti, jugeant "étrange que ce sujet intéresse quelqu'un aujourd'hui étant donné que ce contrat a plus d'un an et demi".

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