Des élus UMP veulent interdire aux juges le droit de se syndiquer

Au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, plusieurs responsables de droite réclament la fin de la syndicalisation pour les magistrats. 

Des magistrats assistent à l\'audience solennelle d\'installation de la présidente du TGI de Paris, le 27 mai 2010.
Des magistrats assistent à l'audience solennelle d'installation de la présidente du TGI de Paris, le 27 mai 2010. (MAXPPP)

Mécontents que le dossier de Nicolas Sarkozy soit traité par une juge, Claire Thépaut, qu'ils qualifient de "militante de gauche", en raison de son appartenance au Syndicat de la magistrature (SM), plusieurs élus UMP souhaitent interdire aux juges d'être membres d'un syndicat, jeudi 3 juillet. Dans Le Figaro, le député Eric Ciotti rappelle qu'il a déjà déposé une proposition de loi en ce sens à l'Assemblée nationale, "pour que les Français soient convaincus de l'impartialité de la justice"

"La justice s'exercerait avec davantage de sérénité"

Etre magistrat et être syndiqué, "je pense que cela pose un réel problème", acquiesce l'ancienne ministre Nadine Morano, interrogée jeudi sur France 2, au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour corruption et trafic d'influence. "Je pense que le syndicalisme est devenu un des plus grands maux de la magistrature. (...) Il faut l'interdire", enfonce le député Henri Guaino, interviewé sur BFMTV. Un avis également partagé par le très sarkozyste Guillaume Peltier, qui "réclame l'interdiction de la syndicalisation chez les magistrats""Si ma proposition était adoptée, l'action de la justice pourrait s'exercer avec davantage de sérénité et d'efficacité", estime Eric Ciotti, estimant que les juges devraient être soumis au même régime que les militaires.

De son côté, le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, estime au contraire que Nicolas Sarkozy "persiste à tenter de jeter le discrédit sur ceux dont la profession est de rechercher la manifestation de la vérité". Et le syndicat d'assurer qu'"un juge, même syndiqué, n'en est pas moins impartial".