Levée de fonds record pour la start-up française Sorare : "Il y a une dynamique qui semble inarrêtable", analyse un journaliste des "Échos"

L'entreprise Sorare qui lance un jeu en ligne d'échange de vignettes de joueurs de football, est devenu très vite "un leader européen, voire mondial" du secteur, explique Guillaume Bregeras, journaliste spécialisé aux "Echos".

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Radio France
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Capture d'écran du site Sorare (CAPTURE D'ÉCRAN)

Sorare, petite start-up française née il y a trois ans, a été valorisée à plus de 4 milliards de dollars grâce à une levée de fonds de 680 millions de dollars annoncée samedi 18 septembre, un record pour le secteur de la "French tech". "Il y a effectivement une dynamique de fond qui semble inarrêtable", constate mardi 21 septembre sur franceinfo Guillaume Bregeras, chef du service "start-up" aux Échos. Sorare mise sur la technologie émergente des NFT pour créer un jeu en ligne d'échange de vignettes de joueurs de football sur le modèle des albums Panini.

franceinfo : Comment expliquez-vous ce record ?

Guillaume Bregeras : Il y a beaucoup d'argent en ce moment en circulation. La tech, de manière générale, est un domaine et un secteur sur lequel les investisseurs misent beaucoup. Dès que vous avez un actif avec autant de valeurs et autant de promesses que ce que propose Sorare, ils se battent littéralement pour pouvoir entrer au capital. Le gros avantage, c'est que Sorare est un peu le premier à rentrer sur ce marché [des NFT]. Il y a d'autres acteurs, notamment dans l'art. Il y en a quelques-uns sur des sports américains qui commencent à se lancer, mais c'est vrai qu'ils sont les plus agiles, les plus dynamiques en créant vraiment le marché sur lequel ils sont en train d'évoluer. La primeur va aux plus agiles.
 
Sorare peut-il devenir un leader mondial ?

Avec Sorare, on a un leader européen, voire mondial, quand on voit la vitesse à laquelle il se déploie, la manière dont il signe des partenariats avec de grands clubs pour utiliser l'image des joueurs, car quand il crée la carte d'un joueur, il faut qu'il ait le droit d'utiliser son image. Aujourd'hui, Sorare signe des contrats partout en Europe. Il démontre une vitesse exceptionnelle de croissance et donc on a un leader européen. La prochaine étape sera d'aller aux États-Unis et de répliquer la même chose.

Ces fonds permettent à ces start-ups de grandir plus vite ?

Ils permettent de grandir plus vite et surtout, ils permettent de recruter. On est parfois un peu effrayé par ces montants qui sont de plus en plus fous. Pour le commun des mortels, 680 millions de dollars cela paraît ahurissant ! Mais ça sert avant tout à recruter des gens. Donc là, il y a 200 personnes qui devraient être recrutées par la start-up dans les douze prochains mois. C'est un premier pas. Il y en aura d'autres derrière si la trajectoire se poursuit. Cela sert aussi à nouer des partenariats pour exploiter les droits d'image dont ils ont besoin pour leurs produits.

Ces levées de fonds sont de plus en plus importantes ?

On bat des records depuis dix ans. C'est un mouvement de fond qui ne s'arrête pas. On pensait qu'avec le Covid-19, cela allait ralentir. Les start-ups françaises ont levé 5,4 milliards d'euros l'année dernière. Elles levaient quasiment autant l'année précédente. C'est aussi une particularité française. C'est le seul écosystème au monde qui a réussi à bien résister face à la crise. Et donc aujourd'hui, il y a effectivement une dynamique de fond qui semble inarrêtable.
 

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