"C'est une vraie révolution" : amateurs de street art, de sport ou de jeux vidéo... Qui sont les acheteurs de NFT ?

Les Non-Fungible Tokens (jetons numériques) permettent d'acquérir des dessins en ligne, un morceau de musique, une photo ou encore une vidéo. Des actes de propriété immuables qui peuvent atteindre des millions de dollars et qui séduisent notamment les jeunes.

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Radio France
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Comme les Bitcoins, les NFT, sont pour certains acheteurs, une façon d'investir de l'argent. Photo d'illustration. (JAAP ARRIENS / NURPHOTO)

Et si vous achetiez un tweet ? Ou bien êtes-vous plus intéressé par l'aquisition d'une oeuvre d'art numérique ? Certains acheteurs sont prêts à dépenser des sommes folles pour acquérir des biens virtuels. Les transactions sont réalisées en "NFT", les Non-Fungible Tokens ou jetons numériques. Le patron de Twitter Jack Dorsey a ainsi mis en vente son premier tweet au début du mois de mars. L'offre la plus haute est montée à deux millions de dollars, pour un message qui peut pourtant être lu gratuitement par tous. Mais les NFT investissent de nombreux domaines.

Protéger ou soutenir une oeuvre de street art

Les NFT sont le fruit d'une technologie qui permet de créer des objets numériques uniques. C'est une sorte d'acte de propriété immuable pour un dessin en ligne, un morceau de musique, une photo ou encore une vidéo. "Ça peut paraître contre-intuitif d'investir de l'argent dans un objet que tout le monde peut admirer en ligne gratuitement et c'est d'autant plus difficile à imaginer parce que l'oeuvre n'existe pas dans le monde physique", concède Grégory Raymond est journaliste au magazine Capital.

"On peut tous s'offrir une reproduction d'un tableau de Van Gogh mais une seule personne possède l'original. Les NFT, c'est un peu la même chose mais dans le monde numérique."

Grégory Raymond, journaliste au magazine Capital

à franceinfo

Ce certificat d'authenticité peut se vendre à prix d'or. L'artiste américain Beeple vient par exemple de vendre l'une de ses oeuvres réalisée sur ordinateur pour plus de 58 millions d'euros. En France, le NFT investit même le street-art explique Natacha Bernardin, qui accompagne l'artiste P-boy : "C'est une vraie révolution. Après la réalisation de sa fresque murale qui a été effacée par les autorités, il a cherché un moyen de la rendre immuable en découpant la fresque en 100 NFT. Il a pu la vendre à des collectionneurs." Cela permet aussi aux acheteurs de soutenir financièrement l'artiste.

La version numérique des cartes Panini

Autre domaine où l'utilisation des NFT explose, celui des jeux vidéos. Un acheteur a par exemple récemment déboursé 170 000 euros pour les images d'une action du basketteur américain LeBron James. Tout se passe sur la plateforme NBA Top Shot où les internautes peuvent s'échanger des extraits vidéos plus ou moins rares. Il y a quelques semaines, Adrien a tenté l'expérience : "C'est assez excitant parce que l'expérience est bien faite."

Le but d'Adrien, qui travaille dans le monde de la finance, est d'abord d'investir. Il a d'abord misé 14 dollars. "Immédiatement, ça valait 2 000 dollars et je pense qu'il y a aussi un public plus jeune. On pourrait prendre l'exemple de Sorare, une start-up française qui a fait ses cartes [virtuelles] des joueurs de foot. Moi quand j'étais plus jeune, je collectionnais les cartes Panini, peut-être que la nouvelle génération va collectionner ces cartes de joueurs de foot sous format numérique." La carte la plus rare de Christiano Ronaldo s'est vendue plus de 240 000 euros le week-end dernier.

En 2020, plus de 250 millions de dollars ont été échangés sur le marché des NFT, contre 63 millions de dollars en 2019, d'après un récent rapport de l'Atelier BNP Paribas. Pour le moment, c'est aux États-Unis et en Asie – la où on utilise le plus les cryptomonnaies – que c'est les jetons numériques sont les plus développés.

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