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Mission ExoMars : pourquoi Schiaparelli s'est-il crashé sur Mars ?

Alors que le module Schiaparelli, qui devait se poser sur la planète rouge, a fait une chute de deux à quatre kilomètres qui a entraîné sa destruction, les chercheurs de l'Agence spatiale européenne tentent de comprendre les raisons de cet échec.

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Un modèle du module Schiaparelli présenté par l'Agence spatiale européenne, le 19 octobre 2016 à Darmstadt (Allemagne). (UWE ANSPACH / DPA / AFP)

Pourquoi l'Europe spatiale a-t-elle essuyé un revers dans sa conquête de Mars ? Alors que le module Schiaparelli de la mission ExoMars s'est écrasé, mercredi 19 octobre, sur la planète rouge après avoir rencontré un problème peu avant de toucher le sol, l'Agence spatiale européenne tente de comprendre les raisons de cet échec.

"La difficulté, c'est que nous avons un volume de données extrêmement important à exploiter, que le satellite scientifique TGO (Trace Gas Orbiter) qui l'a larguée nous a transmis. Mais c'est aussi une chance. Grâce à elles, on saura forcément le fin mot de l'histoire", explique au Parisien Thierry Blancquaert, le chef de la mission Schiaparelli.

L'engin de 577 kg avait six minutes pour atterrir. Pendant ce temps, la capsule devait passer de 21 000 km/h à 10 km/h, rapporte le quotidien. C'est lors de cette phase que les anomalies se sont enchaînées pour le module Schiaparelli. La capsule, qui était bardée de capteurs enregistrant tout ce qui lui arrivait, "est arrivée à une vitesse beaucoup plus rapide que prévu à la surface de Mars", a expliqué Thierry Blancquaert.

Un défaut d'algorithmes ?

Schiaparelli devait ralentir sa course à l'aide d'un parachute. Le module a finalement fait une chute libre de 2 à 4 km et aurait touché le sol à plus de 300 km/heure. La dernière minute avant l'atterrissage a été critique : le bouclier thermique du module s'est éjecté trop tôt et les rétrofusées se sont éteintes prématurément également, alors qu'elles devaient ralentir la chute pendant trente secondes. Elles n'ont fonctionné que trois secondes.

"Il est clair que Schiaparelli a mal évalué l'altitude, se croyant plus proche du sol qu'il ne l'était", affirme François Forget, chercheur au CNRS. Reste à comprendre les raisons de cette défaillance : l'Agence spatiale européenne penche plutôt sur la piste d'un défaut d'algorithmes, même si une panne d'altimètre ou de logiciel n'est pas à exclure. Le Parisien ajoute : "L'ordinateur a pu se retrouver noyé sous des informations contradictoires, comme le fait que le parachute se soit ouvert au bon moment, alors que, simple hypothèse, il se serait mal gonflé."

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