Espace : pourquoi l'amarrage de la capsule de SpaceX à la Station spatiale internationale est fondamental pour la Nasa

La capsule Crew Dragon, développée par l'entreprise privée SpaceX, a réussi son vol de démonstration habité vers la station spatiale internationale.

La capsule Crew Dragon s’est amarrée à la Station spatiale internationale (ISS), dimanche 3 mars.
La capsule Crew Dragon s’est amarrée à la Station spatiale internationale (ISS), dimanche 3 mars. (HO / NASA)

Nouvelle étape pour SpaceX et la Nasa. La mission de démonstration de la capsule Crew Dragon de l'entreprise privée a réussi, dimanche 3 mars, son amarrage automatique à la Station spatiale internationale (ISS), à plus de 400 km au-dessus de la surface de la Terre. Franceinfo vous explique l'intérêt de cette manœuvre.

Parce que SpaceX n'avait jamais réalisé ce type de vol

Cette mission était une répétition générale, sans personne à bord, de la première mission habitée à bord de Dragon, qui doit être lancée cette année. Le test vise à vérifier que le véhicule est fiable et sûr. SpaceX a fait le voyage une quinzaine de fois depuis 2012, mais seulement pour ravitailler la station. Y emmener des humains nécessite des sièges, un air respirable dans un habitacle pressurisé, une température régulée pour les passagers, et évidemment des systèmes de secours.

Pour cette répétition, un mannequin et une petite peluche en forme de terre avait été placé dans l'habitacle de la capsule.

Le voyage a duré environ 27 heures depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Dragon se détachera vendredi prochain pour retomber dans l'Atlantique, ralentie par quatre parachutes.

Parce que les Etats-Unis pourront à nouveau envoyer des astronautes dans l'espace

Ce test réussi, SpaceX va désormais permettre à la Nasa de reprendre les vols habités depuis le sol américain dès cette année. Depuis la fin des navettes spatiales en 2011 après trente ans de service, seuls les Russes assurent les allers-retours vers l'ISS. C'est la première fois que la Nasa confie à des sociétés privées le transport de ses astronautes. Boeing a aussi gagné un contrat et développe sa propre capsule, Starliner, qui sera testée dans quelques mois. Cette fois, l'agence spatiale ne possède plus les vaisseaux ou fusées et achète un service, pour un prix fixe – 2,6 milliards de dollars (près de 2,3 milliards d'euros) pour six allers-retours dans le cas de SpaceX, selon un contrat conclu en 2014.

La Nasa a comme directive officielle, depuis 2017, de retourner sur la Lune. Elle est très bien financée par le Congrès et a obtenu 21,5 milliards de dollars de budget (près de 19 milliards d'euros) en 2019. Ce changement de modèle doit lui permettre de réduire ses coûts en orbite basse pour consacrer ses ressources à la construction d'une petite station en orbite lunaire, dans les années 2020.

L'administration Trump souhaite cesser de financer l'ISS à partir de 2025. "Cette journée représente une nouvelle ère des vols spatiaux, une ère où nous serons, en tant qu'agence et pays, un client parmi de nombreux clients, dans un marché privé robuste en orbite terrestre basse", a lancé Jim Bridenstine samedi après le lancement.