VIDEO. La tique à pattes rayées sous surveillance dans le Sud de la France

Reconnaissable à ses pattes rouges et jaunes, la créature s'est installée dans le Sud du pays. Inoffensive pour les animaux, cette espèce de tique est potentiellement dangereuse pour l'homme lorsqu'elle est porteuse d'un virus à l'origine d'une fièvre hémorragique. Un virus encore jamais recensé en France. 

La tique à pattes rayées, une espèce invasive 

Son nom en latin : Hyalomma marginatum. La bestiole se distingue par ses pattes rayées de rouge et de jaune. Parce qu'elle peut mesurer jusqu'à 8 mm de long, elle est souvent qualifiée à tort de tique géante. Elle n'est que deux fois plus grosse que la tique classique, l'espèce la plus connue en France. Attiré par les milieux chauds, cet acarien se plaît dans les guarrigues et les collines sèches du pourtour méditerranéen. Depuis quelques années, la tique rayée agrandit son territoire. Elle est aujourd'hui présente dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône et le Var. Elle a même été repérée l'an dernier dans le sud de l'Ardèche.

Potentiellement dangereuse pour l'homme

Une fois adulte, la tique à pattes rayées est active entre fin mars et juillet-août. On la retrouve essentiellement sur les chevaux et le bétail. Elle a été observée dans des élevages dans les Pyrénées-Orientales pour la première fois en 2015. Si sa piqure est inoffensive et ne représente aucun danger sanitaire pour l'animal, elle peut transmettre un virus responsable d'une maladie potentiellement mortelle pour l'homme : la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Ce virus sévit en Grèce, en Turquie et récemment en Espagne. La France est pour le moment épargnée mais pour combien de temps encore ?

Le virus est en Europe. Comme maintenant on a la tique qui transmet le virus, notre crainte c'est que le virus finisse par arriver.

Frédéric Stachuski

chercheur vétérinaire au CIRAD

La tique à pattes rayées reste donc sous surveillance du Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Son habitat naturel est à l'étude pour apprendre à mieux la connaître.

Comment s'en protéger ?

Les promeneurs en forêt doivent se méfier de cette tique plus agressive, qui n'hésite pas à parcourir quelques mètres (jusqu'à 5 cm / seconde !) pour atteindre sa proie. En cas d'arrêt ou de pause, ne serait-ce que pendant 30 secondes, l'insecte en profite pour atteindre la peau, piquer et se gorger de sang. Comme pour la tique classique qui peut transmettre la maladie de Lyme (ce qui n'est pas le cas de la tique à pattes rayées), quelques gestes simples permettent d'éviter les piqures : se couvrir le corps, les bras et les jambes surtout, avec des vêtements longs et clairs de préférence pour mieux les identifier. En cas de morsure de tique, il faut la retirer de la peau le plus vite possible avec un tire-tique et bien vérifier que la partie buccale n'est pas restée coincée dans la peau.

Le retour des tiques en forêt
Le retour des tiques en forêt (FRANCE 3)