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Orpea : "Les actionnaires devront s'habituer à une rémunération plus faible", lance le directeur général délégué de la Caisse des dépôts

Les 600 millions d'euros que va apporter la Caisse des dépôts, "ce n'est pas l'argent du contribuable, c'est l'argent des Français à travers le livret A", explique son directeur général délégué. "Le souci de la qualité de service et le souci de la bientraitance de ses résidents", prévaudront sur la rémunération des actionnaires.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des dépôts, le 23 novembre 2022. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Les actionnaires devront s'habituer à une rémunération plus faible de la société", lance mercredi 1er février à l'Agence Radio France Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des dépôts, qui va prendre le contrôle d'Orpea. Un an après la sortie du livre-enquête de Les Fossoyeurs de Victor Castanet, un accord de principe a été conclu entre l'entreprise privée spécialisée des Ehpad, ses créanciers et la Caisse des dépôts, le bras financier de l'État. La Caisse des dépôts entend accompagner la future direction d'Orpea pour qu'elle applique "son plan de refondation", assure Olivier Sichel. "Cela va se traduire par des marges plus faibles, parce qu'on veut dépenser plus pour les aide-soignants et pour l'encadrement", explique-t-il

franceinfo : Pour quelles raisons l'État, à travers la Caisse des dépôts et consignations, a décidé de se mêler d'Orpea ?

Olivier Sichel : Ce n'est pas l'État qui nous a demandé de regarder le dossier. Nous avons décidé de nous intéresser au dossier Orpea parce que nous suivons depuis longtemps le secteur du vieillissement et le secteur médico-social dans son ensemble. On avait regardé le dossier Orpea avec l'angle de l'amélioration de la qualité de soins aux résidents et quand on a vu que la société avait besoin de capital, on s'est dit que c'était l'occasion de changer les pratiques de la société qui avaient été dénoncées dans l'ouvrage de Victor Castanet et d'apporter du capital patient de long terme qui puisse permettre à la nouvelle équipe en charge d'Orpea de changer durablement et massivement les pratiques.

En quoi l'arrivée de la Caisse des dépôts dans le capital d'Orpea peut faire changer les pratiques ?

Nous allons prendre le contrôle de la société en prenant la majorité du capital. Nous serons donc majoritaires au conseil d'administration avec nos partenaires qui sont la Maif, la CNP Assurances et la Mutuelle MASCF.

"Ça a beaucoup de sens que cette mutuelle [la MASCF] qui représente les aides-soignants, premiers employés d'Orpea, devienne quelque part l'actionnaire de la société."

Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des dépôts

à franceinfo

Nous allons soutenir et donner les moyens au nouveau management d'appliquer son plan de refondation, qui permet de changer les pratiques de la société. Cela va se traduire par des marges plus faibles, parce qu'on veut dépenser plus pour les aide-soignants, pour l'encadrement, la formation et les conditions de travail dans ces établissements. On apporte 1,3 milliard d'euros de nouveau capital dans la société pour qu'elle puisse bien redémarrer et avoir un bilan assaini avec beaucoup moins de dettes. Il ne s'agit pas d'argent public : la Maif apporte 400 millions d'euros, la MACSF 200 millions d'euros, la CNP 150 millions et nous 600 millions d'euros. Ces 600 millions d'euros, ce n'est pas l'argent du contribuable, c'est l'argent des Français à travers le livret A. En aucun cas donc c'est le contribuable qui participe au sauvetage d'Orpea.

Faut-il voir du symbolique dans le fait que ce soit la Caisse des dépôts et des assureurs engagés comme la Maif qui prennent le contrôle d'Orpea, entreprise privée avec des actionnaires à rémunérer ?

Oui. Les actionnaires devront s'habituer à une rémunération plus faible de la société. Ça ne veut pas dire que ce ne sera pas une société intéressante, elle est positionnée sur un marché de long terme. Elle sera là pour garantir une bonne performance opérationnelle, mais en ayant avant tout le souci de la qualité de service et le souci de la bientraitance de ses résidents.

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