Vidéo "Cash Investigation" révèle que des centaines d’établissements en France opèrent du cancer en toute irrégularité

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VIDEO. "Cash Investigation" révèle que des centaines d’établissement en France opèrent du cancer en toute irrégularité
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Le magazine présenté par Elise Lucet a eu pour la première fois accès à la base de données qui recense toutes les activités des établissements de santé en France. Il révèle que 812 hôpitaux et cliniques ont opéré des cancers sans autorisation de l’Etat en 2018… Extrait de "Liberté, santé, inégalités !", une enquête de Gabriel Garcia et Julien Beccu, diffusée jeudi 13 janvier 2022 à 21h10 sur France 2.

Le magazine "Cash Investigation" (replay) a dénombré 812 établissements qui opèrent sans en avoir l'autorisation, tous cancers confondus. Des hôpitaux et cliniques qui traitent des cancers en toute irrégularité ! Ces établissements sont répartis sur l’ensemble du territoire français. Toutes les régions sont concernées. Celle où il y a le plus de problème est l’Ile-de-France, avec 126 établissements sans autorisation, suivie de près par la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec 82 établissements qui opèrent alors qu’ils n’ont pas le droit de le faire.

Pour le cancer du sein, ce sont 325 établissements qui opèrent sans autorisation, soit 42% du total. Pour le cancer de la prostate, 160 établissements opèrent sans habilitation, soit 28%. Alors, comment ces hôpitaux et ces cliniques justifient-ils cette pratique ? "Cash" a contacté une vingtaine de directeurs qui ont tous avancé le même argument pour justifier ces opérations non autorisées…

"Dans le cancer du sein, il n'y a pas d'urgence vitale qui justifie de faire ça"

Vous opérez sans autorisation ? "Euh non, c’est pas ça… On peut avoir des patients qui arrivent pour des urgences et on se trouve à les opérer…" ; "Il y a des interventions d’urgence qui peuvent se faire…" ; "Ce n’est pas des patients pris en charge, programmés, ce sont des patients dans l’urgence…" Un argument qui ne convainc pas le professeur Fabien Reyal, chef de service en chirurgie gynécologique à l’Institut Curie. Selon lui, les urgences vitales justifiant ce type d'opération seraient en fait extrêmement rares. "Dans le cancer du sein, il n'y a pas d'urgence vitale qui justifie de faire ça. Cela peut être transféré", affirme-t-il. 

Et quand un chirurgien dit pratiquer cinq ou dix opérations par an parce que c'était des urgences et qu’il fallait vite opérer ? "Non, je pense que ces cinq ou dix cancers du sein pouvaient prendre une voiture ou un train pour aller à un centre de référence à côté. Pour ce qui est des cancers de l'ovaire, pour avoir interviewé beaucoup de chirurgiens qui font beaucoup de chirurgies du cancer de l'ovaire, très peu ont exprimé le fait qu’ils étaient confrontés, au moment de la prise en charge de ces patients, à des urgences vitales. Cet événement est normalement extrêmement rare."

Extrait de "Liberté, santé, inégalités !", une enquête de Gabriel Garcia et Julien Beccu, diffusée jeudi 13 janvier 2022 à 21h10 sur France 2.

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