Santé : que faire si un médecin traitant refuse de vous prendre en consultation ?

Près d'un médecin généraliste sur deux refuse de prendre de nouveaux patients en tant que médecin traitant, a souligné l'UFC-Que Choisir dans une enquête publiée jeudi. Franceinfo détaille les démarches à suivre pour faire face à cette situation.

Illustration d\'une visite médicale chez un médecin généraliste, à Chambéry (Savoie), en août 2014.
Illustration d'une visite médicale chez un médecin généraliste, à Chambéry (Savoie), en août 2014. (MAXPPP)

Trouver un médecin traitant peut parfois ressembler au parcours du combattant. Dans une enquête (article payant) publiée jeudi 21 novembre, l'association UFC-Que Choisir montre que près d'un médecin généraliste sur deux refuse de prendre de nouveaux patients en tant que médecin traitant. Quelles sont les démarches à suivre dans ce cas-là ? Elles sont très réduites.

Saisir le médiateur de l'assurance-maladie

Il faut d'abord se tourner vers le médiateur de la Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM). "En cas de recherches infructueuses, les assurés peuvent solliciter l'aide du médiateur de leur caisse d'affiliation pour les aider à trouver un médecin traitant", explique la Caisse nationale de l'assurance-maladie à franceinfo. Pour contacter le médiateur, il est possible de se rendre à cette adresse, sur le site Ameli.fr. Une page internet est dédiée aux personnes qui ont des difficultés à trouver un médecin traitant.

Celles-ci sont invitées à télécharger et remplir un formulaire (PDF). Il faut par exemple mentionner les médecins déjà contactés les motifs de leur refus. Une fois rempli, ce questionnaire doit accompagner un courrier sur papier libre. Le site Ameli.fr propose un modèle de lettre (PDF). L'ensemble doit être envoyé par courrier au médiateur de votre CPAM. Le médiateur doit, en principe, recontacter les personnes qui le saisissent et leur apporter "des conseils personnalisés, adaptés aux possibilités locales", rappelle le site Ameli.fr.

Et "si le patient n'est pas mis en relation avec un médecin traitant et dans l'attente d'une solution pérenne, une téléconsultation peut lui être proposée par certains médecins organisés pour le faire afin de répondre à son besoin immédiat", précise à franceinfo la Caisse nationale de l'assurance-maladie. Celle-ci souligne également que des "communautés professionnelles territoriales de santé sont en cours de déploiement". Ce sont "de nouvelles organisations permettant aux différents acteurs de santé (professionnels de santé, établissements de santé, etc.), situés en différents lieux, de s'organiser pour prendre en charge la population de leur territoire".

Se préparer à faire des kilomètres

Concrètement, le médiateur ne peut pas obliger un praticien à devenir le médecin traitant d'une personne. En 2017, la conciliatrice de la CPAM de la Manche avait été sollicitée par quelque 160 personnes qui ne trouvaient pas de médecin de famille, racontait Le Monde. Elle s'est contentée d'orienter les patients en recherche "et, pour les cas urgents, alerter le président de l'Ordre départemental des médecins", précisait le quotidien. Ainsi, elle a par exemple conseillé aux assurés de la ville de Saint-Lô de contacter des médecins situés "jusqu'à 20 km" de leur domicile.

Parcourir de telles distances peut sembler contraignant mais c'est la santé du patient qui est en jeu, soutient Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. "Les médecins acceptent des patients en fonction de leur capacité à les accueillir", a-t-il expliqué sur Europe 1. "Quand vous avez des patients comme médecin traitant, vous devez pouvoir donner des rendez-vous dans des délais raisonnables, vous devez pouvoir prendre des soins non-programmés, vous devez pouvoir assurer les urgences", a-t-il fait valoir. "Et puis les médecins, aussi, ils connaissent leur capacité de résistance parce que quand vous êtes soignés par un médecin qui est débordé ou qui est fatigué, vous êtes soigné par un mauvais médecin."