Les frais cachés des maladies de longue durée

C'est un droit dont bénéficie les patients atteints d'une affection longue durée : la prise en charge à 100% par l'Assurance-maladie des frais de santé liés à leur pathologie. Sur le papier, le principe est louable. Dans les faits, de nombreux frais restent à la charge des malades en ALD (Affection Longue Durée).

Dans une étude présentée ce matin, l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une double peine pour les patients atteints par exemple d’un cancer, d’une insuffisance rénale chronique ou de diabète.

En moyenne, les restes à charge s'élèvent à 752 euros par an. Mais "plus malades, les patients en ALD sont potentiellement plus fréquemment exposés aux restes à charge", précise le rapport de l’Observatoire. Pour les 10% de personnes en ALD confrontées aux plus grosses dépenses de santé, le reste à charge s'élève en moyenne à 1.700 euros, malgré le 100%.

En cause : les nombreux dépassements d’honoraires. Mais aussi le fait que certains soins annexes sont mal pris en charge par l’Assurance-maladie. C’est notamment le cas des soins dentaires ou d’optique. Le danger est alors que les personnes en ALD renoncent aux soins ou s’orientent vers des soins et des équipements moins onéreux.

Un Français sur six bénéficie aujourd'hui du dispositif ALD. L’Observatoire citoyen des restes à charge rassemble des associations de patients, la revue 60 millions de consommateurs et le réseau Santéclair.