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Arrêts maladie : pas de "transfert brutal" de leur financement vers les entreprises

Edouard Philippe a assuré dans le JDD que les entreprises n’auraient pas à prendre en charge les arrêts de travail de moins de huit jours, tout en s’inquiétant de leur hausse.
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France Télévisions
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Edouard Philippe : "En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé."

"J'écarte l'hypothèse d'une mesure brutale de transfert  (des arrêts-maladie ndlr) vers les entreprises, c'est clair", a déclaré le Premier ministre dans les colonnes du Journal du dimanche le 26 août. Edouard Philippe a ainsi réagi aux informations des Echos : au début du mois d’août, le quotidien a indiqué que le gouvernement pourrait faire prendre en charge par les entreprises, à la place de la Sécurité sociale, quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts maladie de moins de huit jours. Une façon de responsabiliser les entreprises pour lutter contre la multiplication des arrêts de courte durée, liée pour certains à une détérioration des conditions de travail.

"Les médecins ne prescrivent pas de jours de congé"

Edouard Philippe dément donc une prise en charge immédiate par les entreprises des arrêts maladie. Pour le Premier ministre néanmoins, "l'enjeu des arrêts maladie est considérable". "Chaque année, un peu plus de 10  milliards d'euros sont consacrés à l'indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4% par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé", a-t-il souligné. Edouard Philippe estime ainsi que "tous les acteurs" doivent agir pour lutter contre cette hausse. "C'est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire", a-t-il ajouté, rappelant qu’une part croissante des dépenses de santé sert à couvrir les arrêts maladie. "Ca veut dire qu'on a moins d'argent pour le financement des hôpitaux ou de nouveaux traitements", a-t-il conclu.

Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire bondir de nombreux médecins. Parmi eux, l'Union française pour une médecine libre (UFML), qui a dénoncé un "raccourci choquant" de la part du Premier ministre. Dans un communiqué publié le 27 août et repris par l'AFP, le syndicat a rappelé que "les médecins prescrivent des arrêts de travail à leurs patients, tout au long de l'année et sur tout le territoire, mais ne prescrivent pas de jours de congé". L’UFML a par ailleurs souligné qu’un contrôle des arrêts maladie pouvait être effectué par les médecins conseils de l'Assurance maladie.

 


Pourquoi le nombre des arrêts de travail augmente-t-il ? Sujet diffusé le 27 juin 2018.
 

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